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1er mai à La Réunion sous le signe de la lutte contre la pauvreté

Manifestation demain à Saint-Denis, rendez-vous à 9 heures au Jardin de l’État

samedi 30 avril 2022, par Manuel Marchal


300.000 Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, constatent les organisateurs du défilé du 1er mai demain à Saint-Denis : l’Intersyndicale CGTR, FO, FSU, Solidaires, UNSA, SAIPER, UNEF et Fédération des retraités de la fonction publique. Pour lutter contre la pauvreté, les syndicats revendiquent des créations d’emploi, une hausse des retraites et des minimas sociaux, l’augmentation des salaires avec le SMIC à 2000 euros, une baisse du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, un plan de construction de logements à la hauteur des besoins, et « des mesures politiques immédiates de réduction d’émission de Co2, d’ici 3 ans pour éviter un réchauffement climatique aux effets irréversibles ». Les pauvres sont en effet les premières victimes du changement climatique. Une délégation du PCR participera au défilé.


Photo d’archives.

A l’appel de l’Intersyndicale CGTR, FO, FSU, Solidaires, UNSA, SAIPER, UNEF et Fédération des retraités de la fonction publique, un défilé aura lieu demain matin à Saint-Denis à l’occasion du 1er mai.
Cette manifestation sera symbolique à plus d’un titre. Les restrictions liées à l’importation du coronavirus à La Réunion ont empêché la tenue d’un tel événement pendant 2 ans. La levée de ces restrictions va donc permettre l’organisation d’un grand défilé à Saint-Denis, auquel participera une délégation du Parti communiste réunionnais.
C’est surtout la situation sociale aggravée à La Réunion qui est la principale préoccupation des syndicats. C’est ce que rappelle cet extrait du communiqué diffusé le 22 avril dernier :

« Le coût de la vie ne cesse d’augmenter »

« Le coût de la vie ne cesse d’augmenter sur les produits de première nécessité et le pouvoir d’achat est en baisse. Comment en effet vivre à La Réunion avec un SMIC de 1200 euros par mois et des minimas sociaux tirés vers le bas ? Cette problématique était au centre de notre bataille en 2009 reste entière aujourd’hui. Le bonus COSPAR est de l’histoire ancienne, absorbé par les NAO ou supprimé sous la pression patronale. C’est également le cas dans la Fonction publique avec le gel de la valeur du point d’indice depuis 2010.

La situation de l’emploi n’est pas meilleure. Le taux de chômage officiel s’établit à 18 %, ce qui est bien en dessous de la réalité. La soi-disant embellie liée au plan de relance ne repose que sur des contrats aidés (PEC), des contrats d’apprentissage. C’est la généralisation de la précarité dans tous les secteurs d’activité, privé et public. Quel avenir pour la jeunesse réunionnaise ? Une évaluation des politiques publiques est nécessaire en matière d’emploi. »

« La pauvreté est un fléau qui frappe durement La Réunion »

« La pauvreté est un fléau qui frappe durement La Réunion. Plus de 300 000 Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, 46 % des enfants vivent dans un ménage pauvre (21 % en France hexagonale). 100 000 foyers de l’île perçoivent le RSA ce qui représente 230 000 personnes. Comment peut-on vivre dignement avec le RSA ? La réforme de l’assurance chômage va encore appauvrir les milliers de demandeurs d’emploi à La Réunion. Vivre dignement, c’est aussi avoir un logement décent. Aujourd’hui 33 000 familles réunionnaises sont en attente d’un logement. Il y a une réelle défaillance dans la construction de logements sociaux à La Réunion. Il faut une politique publique à la hauteur des besoins pour satisfaire cette demande essentielle et créer des centaines d’emplois dans le BTP. »

Revendications

Voici les revendications :
« - De vrais emplois – emplois statutaires et CDI – une vraie politique de formation professionnelle – conditionnalité des aides publiques.
- Salaires et coût de la vie – SMIC à 2000 euros et revalorisation des grilles de salaires, des minima sociaux, des retraites et des bourses d’études – Égalité salariale femme/homme – Indemnité de vie chère pour tous.
- Amélioration des services publics – Plan de rattrapage des emplois – Dégel du point d’indice.
- Retraite à 60 ans à taux plein.
- Amélioration de l’accès aux logements – construction de logements à la hauteur des besoins.
- Temps de travail à 32 heures – Application des conventions collectives nationales.
- Des mesures politiques immédiates de réduction d’émission de Co2, d’ici 3 ans pour éviter un réchauffement climatique aux effets irréversibles, dernier rapport du GIEC 2022 ; Quelle planète pour notre jeunesse ? »

Message adressé au pouvoir politique

En plus des conséquences de la pandémie de coronavirus, La Réunion est également touchée par l’impact de la guerre en Ukraine. Ceci a entraîné une hausse des prix des produits de première nécessité, avec une pénurie de certains articles.
Les effets de la situation internationale accentuent les difficultés d’une population qui subit depuis des années une politique de casse sociale. La crise est amplifiée par le cadre politique de La Réunion, qui interdit toute adaptation de la loi par les Réunionnais.
Ceci conduit à une augmentation de la précarité financière, car un salaire ne protège pas de la pauvreté. La situation est encore plus difficile pour les étudiants, les travailleurs privés d’emploi et les retraités.
Cette accumulation de problème s’est exprimée lors du vote de la présidentielle. Au second tour organisé une semaine avant le 1er mai, 40 % des électeurs ont refusé de voter, et l’extrême droite a recueilli plus de 30 % du vote des inscrits, soit près de 60 % des suffrages exprimés.
La mobilisation du 1er mai sera donc un message adressé au pouvoir politique : une autre politique est nécessaire. Des mesures doivent être prises pour améliorer la situation des travailleurs, et lutter contre la pauvreté qui fragilise la cohésion de la société réunionnaise.

M.M.


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Messages

  • En effet, en lisant ces lignes, on fait un triste bilan, révélateur de la situation qui hélas, ne s’est pas améliorée depuis longtemps, difficile de ne pas être résigné, fataliste, replié, éteint. Le rattrapage sera encore plus long et difficile et la guerre en Ukraine, n’arrangera pas les choses, bien au contraire, augmentation des frais de transports, donc des importations, voir par exemple les hausses des produits de premières nécessité, comme l’huile, et bientôt les pâtes, le riz et puis aussi les productions locales même si les cyclones sont loin maintenant. A quand ici, puisque tout est lié, une véritable volonté de montrer l’exemple, comme celle de protéger l’île, son eau gratuite au départ, cadeau de la nature, puis de développe les énergies renouvelables (qui sont à la fois, locales, gratuites et inépuisables à notre échelle de vie), puis, de s’occuper des transports publics, avec le TER péi Ste Rose-St Joseph, aussi bien pour le fret que les êtres humains, les animaux ?... Osons le changement, avant qu’il ne soit trop tard, plus que 3 ans avant l’irréversible, comme prédisent les scientifiques, à juste raison, preuves à l’appui ! Arthur.
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