Luttes sociales

1er mai de résistance à une offensive générale contre les droits sociaux

Appel à la convergence des luttes entre les travailleurs et les usagers du service public

Manuel Marchal / 2 mai 2018

Ce 1er mai, un défilé a rassemblé de nombreux manifestants à l’appel de l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF. C’était une nouvelle mobilisation contre la politique de casse sociale du gouvernement qui touche toutes les catégories de la population à l’exception des plus riches. La réponse des syndicats est un appel à la convergence des luttes et à l’élargissement du rassemblement pour résister à une offensive générale contre tout ce que la lutte a permis d’obtenir au cours des dernières décennies.

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Rendez-vous était donné hier matin au Jardin de l’État par l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF pour un défilé jusqu’à la préfecture à l’occasion du 1er mai. Cette année, la manifestation s’est faite dans un contexte particulier. Le gouvernement issu des élections de l’an passé a mis en place son programme. Il a lancé une offensive générale visant toutes les catégories de la population à l’exception des plus riches. Cela vise notamment les jeunes qui voient se dresser la sélection à l’entrée à l’Université, les salariés qui subissent une nouvelle réduction de leurs droits, les demandeurs d’emploi qui sont ciblés par des mesures cherchant à les culpabiliser, les retraités qui voient leur pouvoir d’achat amputé par la hausse de la CSG. À cela s’ajoute l’attaque menée contre les travailleurs de la SNCF. La remise en cause du statut de cheminot préfigure celle du statut du fonctionnaire, affirment les syndicats. Le service public est particulièrement ciblé. Un programme de 120.000 suppressions de poste est prévu, ce qui conduira à des remplacements par des emplois précaires qui seront soumis à la loi El-Khomri et aux Ordonnances Macron, et donc facilement mis au chômage.

Délégation du PCR

Dans ce contexte de contre-réforme générale, les syndicats sont particulièrement visés. Les lois El-Khomri et les Ordonnances Macron avaient notamment pour but de les affaiblir car ils constituent un obstacle au programme d’accroissement des inégalités sociales mené par ce gouvernement. Ce 1er mai était donc une étape dans la résistance face à l’offensive des représentants d’une classe sociale qui veut reprendre tout ce que les travailleurs lui ont retiré par la lutte au cours des 60 dernières années. Une délégation du PCR était présente à ce défilé. Elle était notamment composée de Maurice Gironcel, secrétaire général, Elie Hoarau, président, Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire aux relations internationales. Des militants venus de toute l’île étaient présents, notamment Gélita Hoarau, ancienne sénatrice au coeur des luttes avec une délégation de Saint-Pierre.
D’autres syndicats étaient également dans le défilé, comme Solidaires et le SAIPER.
Le mot d’ordre était donc la convergence des luttes, en misant sur une prise de conscience : les attaques contre le service public visent non seulement ses agents, mais aussi les usagers. À La Réunion où plus de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, ces attaques ont un impact encore plus désastreux, a notamment dit en substance Ivan Hoarau, secrétaire général de la CGTR.

« Dédicace à Annette »

Le défilé marqua une pause devant la Mairie de Saint-Denis, où le pouvoir organisait une remise de médailles. Des militants de la CGTR ont alors entonné « une dédicace à Annette » : « la droite i gagne, patron i ri, la gauche i gagne, patron i ri, mais zot veut pas, c’est travailleur lé solidaire ». Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, est en effet un soutien d’Emmanuel Macron, la Mairie symbolise donc un relai du pouvoir qui mène cette politique de casse sociale.
Le défilé s’est poursuivi jusqu’à la préfecture où une prise de parole a eu lieu devant les grilles.
Dany Elisabeth (UNEF) a rappelé la mobilisation contre Parcoursup dans les Universités, et a souligné que les étudiants sont l’avenir et qu’ils sont solidaires.
Marie-Hélène Dor (FSU) a constaté que le « nouveau monde » prôné par Emmanuel Macron est en réalité un retour à l’époque d’avant les acquis sociaux. « Ce gouvernement est prêt à tout, il essaie de nous diviser, c’est un aveu de sa faiblesse. Notre collectif sera notre force », souligna-t-elle.

« Besoin d’unité »

Eric Marguerite (FO) a noté que dans beaucoup de pays, notamment les démocraties occidentales, « les libertés syndicales sont menacées, la France n’y échappe pas ». « Le chômage augmente, le pouvoir d’achat baisse, c’est la casse du service public ». « La pression monte et la remise en cause du statut des cheminots montre ce qui attend les fonctionnaires ». « La grève s’étend dans tous les secteurs, le gouvernement continue à faire des cadeaux aux plus riches. Il faut établir un rapport de force : la grève ».
Ivan Hoareau (CGTR) a souligné que ce 1er mai « participe à la résistance face à un régime autoritaire qui menace la démocratie. La répression est l’arme de ce gouvernement ». Il a appelé à la « convergence des luttes » : « quand on attaque le service public, on attaque le travailleur et l’usager ». Le dirigeant syndical a demandé à « élargir la lutte à tout ce qui peut représenter une société civile organisée ». « Le besoin d’unité s’exprime de façon très claire », a-t-il poursuivi. Il a mis en évidence l’impact surmultiplié de l’austérité à La Réunion. Les 11 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités sous François Hollande, et les 13 milliards prévus par Emmanuel Macron toucheront tous les Réunionnais. « La suppression des emplois aidés, ce sont 20.000 familles touchées », a-t-il rappelé. Il a conclu son discours en donnant rendez-vous pour le 22 mai prochain, avec la grande journée d’action dans la fonction publique.
Le rassemblement s’est conclu par une prise de parole de Denis Irouva. Il a salué la présence à ses côtés de Christian Moutama, avec qui il a participé à la fondation de la CGTR voici 50 ans. Puis Denis Irouva a entonné l’Internationale, reprise en choeur par les participants au rassemblement.

M.M.