Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
La casse sociale continue
1er septembre, par

Ce jour apporte une nouvelle offensive contre les droits sociaux. Dès le 1er septembre, la durée des arrêts maladie est plafonnée et les règles d’indemnisation du chômage après une rupture conventionnelle sont durcies. Derrière la chasse aux prétendus abus se dessine une même logique : faire payer aux travailleurs le coût des politiques d’austérité. À La Réunion, où la pauvreté et le chômage sont déjà massifs, ces reculs prennent une dimension particulièrement grave.
À partir du 1er septembre, un médecin ne pourra en principe prescrire un premier arrêt maladie pour plus de 31 jours. Chaque prolongation sera limitée à 62 jours. Jusqu’ici, aucune durée maximale générale n’était fixée par les textes.
Cette réforme pose une question élémentaire : depuis quand une administration peut-elle décider à l’avance du temps nécessaire pour guérir ? Une maladie, un accident, une dépression ou une opération ne se commandent pas selon un calendrier budgétaire. Le risque est de transformer le malade en suspect potentiel.
Dans le même temps, les travailleurs quittant leur entreprise par rupture conventionnelle voient leurs droits au chômage réorganisés. En France, la durée maximale passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Pour les 55 ans et plus, elle est ramenée à 20,5 mois.
À La Réunion : 20 mois pour les moins de 55 ans et 30 mois à partir de 55 ans. Cette particularité évite ici une baisse mécanique des durées, mais elle ne change pas la logique générale de la réforme : l’accès à l’indemnisation devient plus encadré et les droits sociaux sont considérés d’abord sous l’angle de leur coût.
Cette politique fait porter toujours davantage le poids des difficultés collectives sur les travailleurs.
À La Réunion, où les revenus sont faibles et les situations de précarité nombreuses, chaque recul de la protection sociale peut avoir des conséquences considérables. La question n’est donc pas de savoir comment réduire encore les droits, mais pourquoi les richesses produites ne permettent pas de garantir à chacun le droit à la santé, à l’emploi et à la sécurité sociale.
Le 1er septembre n’est pas seulement une date administrative. C’est un nouveau rappel : sans mobilisation collective, ce qui a été conquis par les luttes peut être progressivement détruit par les politiques d’austérité.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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