Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Les conseillers généraux du Groupe Alliance se joignent au piquet de grève du collectif CEJ / CEC du Département
14 décembre 2005

Les conseillers généraux du Groupe Alliance, Monica Govindin, Graziella Leveneur, Maurice Gironcel, soutenus par le responsable politique Claude Hoarau, ont rejoint hier matin à Saint-Pierre le piquet de grève des emplois précaires du Département. Ces élus, mandatés pour écouter et répondre aux besoins de la population, s’allient à ’un combat juste’, celui du droit au travail, au respect et à la dignité.
François Soubadou, contrat emploi jeune pour le Département depuis 7 ans, entamait mercredi dernier une grève de la fin, sur le site du Conseil général à Saint-Pierre. Malgré une hospitalisation lundi, il a rejoint hier son piquet de grève. La détermination de cet homme, prêt à tous les sacrifices pour garder son emploi qui lui est retiré aujourd’hui même, met en lumière le sentiment de colère et d’injustice qui touche aujourd’hui plus de 500 familles dans le même cas. Une trentaine de CEJ et CEC du Conseil général Sud sont venus le soutenir, appuyés dans leur revendication par les conseillers généraux du Groupe Alliance.
Maurice Gironcel : "un combat juste"
"Cela fait 7 ans que cet homme répond aux besoins de services publics de la collectivité. Sa hiérarchie est d’ailleurs très satisfaite de son travail. Plusieurs centaines d’employés en contrats dits aidés répondent à ces mêmes besoins. Des formations ont été financées pour que ces personnels acquièrent les compétences pour occuper des postes nécessaires", explique Maurice Gironcel. Aujourd’hui, le Département leur propose ni plus ni moins un licenciement sec ou un reclassement au sein d’associations. "On sait bien que les associations sont le plus souvent financées par le Conseil général, alors pourquoi ce financement indirect ?", interroge le maire de Sainte-Suzanne qui dénonce une véritable incohérence. "La présidente propose un plan d’intégration pour le 1er janvier 2006, ce n’est pas un plan d’exclusion ! Le social est l’une de ses compétences".
Selon le porte-parole du Groupe Alliance du Département, la loi Dutreil permet à la collectivité d’employer ces contrats en CDI, alors pourquoi ne s’approprie-t-elle pas cette mesure comme l’on déjà fait les mairies ? Alors que le projet de budget 2006 du Département fait état de plus de 180 postes de catégorie C vacants, pourquoi la présidente ne les propose-t-elle pas à ces personnels compétents ? Après plusieurs années de services rendus, les contrats aidés n’ont-ils pas le droit de pouvoir bénéficier d’un emploi stable, d’un déroulement de carrière, d’un salaire décent qui leur permettrait d’élaborer enfin des projets de vie ?
"Montrons l’exemple"
Pour toutes ces raisons, parce que le combat des CEJ et CEC est justifié, les élus de l’opposition vont interpeller la présidente en assemblée plénière et demander l’intégration des centaines de contrats qui refusent de rejoindre la trop longue liste de sans emplois de La Réunion. "Personne ne restera sur le bord du chemin". Après Brigitte Girardin et François Baroin, c’est au tour de Dominique de Villepin de reprendre cette formule devenue célèbre dans son discours de politique générale. "Chiche !", répond Maurice Gironcel, "montrons l’exemple". L’occasion est venue de faire vivre ces déclarations “res trankil” pour qu’elles ne soient promesses mortes.
Estéfani
Grand merci aux conseillers généraux de l’Alliance
Le collectif CEJ/CEC du Conseil général a sollicité le soutien de l’ensemble des élus de La Réunion. "Nous avons besoin de l’appui des élus pour être entendus, c’est pourquoi nous nous sommes réunis en collectif pour rassembler le maximum de personnes", soutient Julie Boyer, porte-parole du collectif qui "remercie plus, plus, plus" le Groupe Alliance du Département, la seule représentation politique a avoir rejoint le piquet de grève de Saint-Pierre.
Le collectif a reçu d’autres appuis mais officieux. "Nous déplorons que certains conflits entre syndicats, élus, associations limitent malheureusement les soutiens. Certains ont peur de se mouiller, peur de froisser la susceptibilité de la présidente !". Il est dommage que les centaines de personnes qui vont perdre leur emploi ne soient pas considérés avec autant d’égard.
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