Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Mobilisation de la CGTR-Commerce devant des enseignes du Groupe Bernard Hayot ouvertes le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage
21 décembre 2024, par

Grâce aux luttes des syndicats, du PCR, des militants culturels et autres progressistes, le 20 décembre est un jour férié à La Réunion. Mais la commémoration de l’abolition de l’esclavage dans notre pays correspond au pic annuel des profits de la société de consommation. La pression est si forte que les grandes surfaces sont ouvertes de jour-là. Comme chaque année, la CGTR organisait une mobilisation devant les enseignes du Groupe Bernard Hayot au centre commercial de Quartier-Français à Sainte-Suzanne.
Militants de la CGTR-Commerce et sympathisants ont interpellé la population ce 20 décembre 2024 au centre commercial de Quartier-Français à Sainte-Suzanne. Les syndicalistes ont rappelé la loi : le 20 décembre est un jour férié, les commerces doivent donc être fermés par respect pour les victimes d’un crime contre l’humanité lui aussi reconnu par la loi, l’esclavage. Mais la commémoration de la date de l’abolition de l’esclavage se situe au cœur du pic annuel des profits de la société de consommation importée à La Réunion par le néocolonialisme français. Des milliers de véhicules s’agglutinent dans les dizaines de centres commerciaux implantés à La Réunion. C’est la frénésie des achats de la période des Fêtes.
Carrefour, Mr. Bricolage et Decathlon sont les trois principales enseignes du centre commercial. Elles appartiennent au Groupe Bernard Hayot, une société étrangère à La Réunion qui rapatrie ses profits dans un autre pays. Les syndicalistes étaient postés devant l’entrée de Mr. Bricolage. Leur action visait à sensibiliser la population en cherchant à élever les consciences.
En effet, le même problème se pose chaque année : des milliers de travailleurs sont contraints de travailler le 20 décembre. Cela s’explique notamment par des salaires insuffisants et par la pression des propriétaires de ces enseignes commerciales. Dans un pays où la moitié des travailleurs sont au chômage ou dans un travail précaire, il est bien difficile de dire non.
Compte tenu que l’État refuse de soutenir la fermeture des commerces le 20 décembre, les maires doivent céder sous la pression et accordent des dérogations pour permettre ces ouvertures de magasins.
Distribution de tracts et maloya étaient à l’ordre du jour dans la mobilisation. Le combat des syndicalistes de la CGTR rappelle la difficulté de lutter contre le néocolonialisme français.
Rappelons que sous la pression des progressistes, la France fut contrainte de concéder l’égalité sociale aux Réunionnais. Mais Paris a trouvé le moyen de retourner la situation à son avantage. L’afflux d’argent versé sous forme de salaires, de prestations sociales et d’aides aux entreprises est notamment dépensé dans les automobiles et les carburants importés, dans des services comme EDF ou l’eau ou dans la grande distribution. Une grande partie de ce dernier secteur appartient à des sociétés françaises. Ainsi, l’argent public obtenu par la lutte repart à l’étranger pour enrichir les profits de sociétés extérieures à notre pays.
Pour le néocolonialisme français, la période des Fêtes de fin d’année est celle où les profits rapatriés en France sont les plus importants. Il est donc inconcevable pour ce système de fermer le robinet des profits une journée durant cette période, même si cette fermeture est une marque de respect pour toutes les victimes de l’esclavage, crime contre l’humanité.
Souhaitons que les consciences puissent être libérées du néocolonialisme afin que le 20 décembre puisse être pleinement commémoré à La Réunion.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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