Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Mobilisation de la CGTR et de la FSU dans le centre commercial du Groupe Bernard Hayot à Sainte-Suzanne
22 décembre 2025, par

Ce 20 décembre, jour de mémoire et de dignité à La Réunion, des salariés sont contraints de travailler, notamment pour nourrir les profits des sociétés étrangères qui exploitent les Réunionnais. Samedi 20 décembre 2025 dans le centre commercial du Groupe Bernard Hayot à Sainte-Suzanne, la CGTR et la FSU ont dénoncé une violence sociale et mémorielle : faire du profit le jour de l’abolition de l’esclavage.
Ce samedi 20 décembre, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage à La Réunion pendant que le peuple réunionnais est censé se souvenir, se recueillir et célébrer la liberté conquise par ses ancêtres résistants à l’esclavage sur le colonialisme français, des milliers de salariés étaient derrière les caisses, dans les rayons, sous la pression patronale. Une réalité insupportable que la CGTR et la FSU ont décidé de dénoncer publiquement devant le centre commercial Grand Est, à Sainte-Suzanne.
Car le 20 décembre n’est pas un jour comme les autres. C’est la Fèt Kaf, la commémoration de l’abolition de l’esclavage, crime contre l’humanité. Un jour arraché par la lutte, un jour férié gagné de haute lutte pour que les Réunionnaises et les Réunionnais puissent se retrouver en famille, transmettre leur histoire, affirmer leur dignité. Pourtant, en plein pic d’activité de la société de consommation, de grandes enseignes étrangères ont choisi de rester ouvertes.
Rappelons un fait historique surle propriétaire du centre commercial, le Groupe Bernard Hayot. C’est un groupe dont la fortune plonge ses racines dans l’histoire esclavagiste. Comme tant d’autres familles de colonsfrançais, les ancêtres de ce groupe ont non seulement exploité des êtres humains réduits en esclavage, mais ont aussi été indemnisés par l’État français lors de l’abolition. Les esclaves, eux, n’ont rien reçu. Aujourd’hui encore, leurs descendants paient l’addition.
« Lé pas normal ce ke nou vive là », témoignent les militants. Travailler ce jour-là, ce n’est pas anodin : c’est une négation de la mémoire, une violence symbolique infligée à tout un peuple. Pour ces grands groupes, dénoncent les syndicats, seul le profit compte. Ouvrir toujours plus, toujours plus longtemps. Même le jour où l’on devrait se souvenir de chaînes brisées.
Et pourtant, les clients sont là. Preuve que l’aliénation est profonde. À force de banaliser l’ouverture des commerces les jours fériés, même celui qui rappelle l’inhumanité de l’esclavage devient un jour de shopping comme un autre. Une victoire idéologique du système néocolonial sur la conscience collective.
La mobilisation de ce 20 décembre dépasse donc largement cette seule date. La CGTR et la FSU alertent aussi sur la généralisation du travail dominical, sur la remise en cause permanente des droits sociaux, sur la marchandisation totale du temps de vie. Elles annoncent d’ores et déjà des mobilisations d’ampleur en 2026 pour faire respecter strictement les textes qui encadrent le travail le dimanche et les jours fériés.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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