Luttes sociales

22 mars : mobilisation pour sauver le service public, rempart contre les inégalités

Manifestation aujourd’hui à Saint-Denis

Manuel Marchal / 22 mars 2018

Ce jeudi 22 mars est une grande journée de mobilisation pour la défense du service public. La tentative du gouvernement de remettre en cause le statut du cheminot à la SNCF et le plan Action publique 2022 constituent pour les syndicats une attaque contre le statut du fonctionnaire, et la volonté de privatiser ce qui sont jusqu’alors des services qui constituent un rempart contre les inégalités. C’est la poursuite de l’offensive contre le socle social créé au lendemain de la Seconde guerre mondiale grâce à l’implication des communistes.

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A l’appel de l’’intersyndicale CFTC, CGTR, FO, FSU, Solidaires, UNSA-Territoriale, CFE-CGC, Saiper, une manifestation a lieu ce matin à Saint-Denis. Les syndicats sont mobilisés contre le plan « Action publique 2022 ». Il concrétise une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Mais pour les syndicats, le gouvernement veut aller plus loin qu’une réduction des effectifs. En effet, il tente actuellement d’imposer la fin du statut de cheminot à la SNCF. Ce statut donne la garantie de l’emploi comme compensation à un faible salaire et à des horaires décalés qui sont nécessaires au fonctionnement de ce service public.

Si cette mesure passe, alors c’est la porte ouverte à la remise en cause du statut du fonctionnaire. Créé sous la responsabilité du ministre communiste Maurice Thorez, ce statut a pour but de garantir l’impartialité du service public, comportant des agents recrutés par concours, qui ont droit à la garantie de l’emploi.

Démantèlement des acquis

Mais ce modèle subit des attaques depuis de nombreuses années. Les premières victimes ont été les agents des entreprises publiques qui bénéficiaient tous d’un statut analogue. À la Poste, à France-Télécom et à EDF-GDF, les contractuels remplacent les agents titulaires qui partent en retraite. Cela a pour conséquence une perte des droits, car ces contractuels peuvent être licenciés, et ils ne sont plus recrutés par concours.

À La Réunion, une des conséquences du plan « Action publique 2022 » est la fin de l’espoir de la titularisation pour les 16.000 agents de la fonction publique territoriale qui ne sont pas titulaires, soit 70 % des effectifs. Les syndicats craignent que la fonction publique ne recrute plus en fonction des compétences, mais selon les affinités entre les candidats et les employeurs. Ce qui entraînerait une dégradation du service public.

L’autre volet de ce plan, c’est l’externalisation des services. Des missions assurées auparavant par des fonctionnaires vont être transférées vers le secteur privé. Les syndicats rappellent que les privatisations ont entraîné un surcoût pour les anciens usagers devenus clients. Seuls ceux qui ont les moyens financiers nécessaires pourront alors continuer à bénéficier des services publics qui sont jusqu’à présent accessibles à l’ensemble de la population, quelle que soit la condition sociale.

Les syndicats rappellent que cette offensive est le prolongement de celle subie par les travailleurs du privé avec la remise en cause des protections du Code du Travail par la loi El-Khomri et les ordonnances Macron. Cela s’ajoute à la baisse des droits à la Sécurité sociale marqués par la hausse du prix nécessaire à payer pour se faire soigner.

De la crise de 1929 à celle de 2008

Le prétexte invoqué par le gouvernement, c’est la volonté de faire des économies. La crise financière de 2008 a accéléré les politiques d’austérité. Elle a constitué un point décisif dans la remise en cause des acquis obtenus grâce à l’application du programme du Conseil national de la résistance et à la présence des communistes dans le premier gouvernement suivant la Seconde guerre mondiale. Ainsi, Marcel Paul était le responsable du statut progressiste des travailleurs d’EDF, et Maurice Thorez le ministre qui a mis en place le statut de la fonction publique.

À La Réunion, une avancée capitale avait été obtenue grâce aux luttes des communistes de cette époque, c’était l’abolition du statut colonial et la promesse de l’égalité inscrite dans la loi.

Toutes les mesures prises au lendemain de la Seconde guerre mondiale était l’aboutissement du règlement d’une autre crise. Elle avait commencé en 1929 par l’effondrement de la Bourse de New-York. Il s’était ensuite propagé dans le monde, favorisant l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite dans plusieurs pays d’Europe. C’était une des causes de la Seconde guerre mondiale. La victoire finale devait beaucoup à l’Union soviétique qui avait supporté l’essentiel de l’effort de guerre contre les armées de l’Axe. Dans les pays occupés, les communistes étaient en première ligne dans la résistance. Quand il s’est agi de reconstruire, un choix largement partagé a été fait : privilégier les intérêts des travailleurs à ceux des spéculateurs financiers, responsables de la catastrophe de 1929. Il s’en est suivi la création en France d’une des législations sociales les plus avancées du monde avec la création d’un service public jugé alors exemplaire.

Grâce à leurs luttes, les Réunionnais ont fini par obtenir le droit à ce service public. Tout est aujourd’hui remis en cause par une offensive réactionnaire qui s’est appuyée sur ce qui était appelé la plus grande crise financière depuis celle de 1929. Les représentants d’une classe dominante qui dut faire des concessions en raison des effets de la crise de 1929 utilisent une autre crise pour reprendre tout ce qu’ils ont dû céder.

M.M.



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  • En lançant enfin pour de bon cette fois,le beau projet de TER-PEI, à combien estime-t-on le nombre de postes crées pour : réaliser ce chantier, puis exploiter ce réseau nouveau, utilisant la géothermie, le soleil, le vent, la bio masse, bref que des énergies renouvelables, disponibles déjà ici, qui ne demanderont donc aucune pollution supplémentaire pour l’acheminer avant de la transformer donc, de polluer encore ? Quand les décideurs comprendront-ils que le plus tôt sera le mieux ? En attendant, on s’enfume grave, les micro particules cancérigènes sont en plein développement, le nombre de véhicules continue à grimper même si les derneirs modèles sont moins sâles que les anciens, c’est vrai. Pensons à nos poumons, nos oreilles, nos encombrements routiers et au accidents qui vont hélas avec. On ne peut pas dire que ce que l’on voit, l’on vit est raisonnable n’est-ce pas ? La ville de Paris envisage de rendre gratuit les transports publics, voilà une très bonne idée que d’autres villes françaises ont osé réaliser, il faut faire comme ça partout. Encourager les citoyens à ne plus polluer autant, partager. Arthur. NB ; sans doute, l’émission " C dans l’air" de ce soir, sur France 5, à 20H45 aura pour thème ce qui c’est passé aujourd’hui, quasiment 50 ans après le début des évènements de 1968. France Inter va y consacrer des spéciales.

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