Luttes sociales

263.000 salariés et 180.000 demandeurs d’emploi à La Réunion

Etude de l’INSEE sur l’évolution du nombre de salariés

Manuel Marchal / 11 janvier 2020

L’INSEE vient de publier une étude intitulée « Au 3e trimestre 2019, l’emploi salarié reste dynamique ». Ce document indique qu’à cette période, 263.400 personnes étaient salariées à La Réunion. Au même moment, le nombre de demandeurs d’emploi officiellement recensé était supérieur à 180.000 selon Pôle emploi. Ceci montre l’ampleur de la crise à La Réunion.

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Le chômage de longue durée est souvent ce qui attend les jeunes qui sortent de l’école.

Une nouvelle étude vient rappeler que l’emploi reste la première préoccupation à La Réunion et cela pour longtemps. Cela fait plus de 50 ans que le chômage de masse a commencé à se développer. Une étude pour le Conseil général en 1975 indiquait que déjà près de 25 % des travailleurs pouvaient être considérés comme chômeur. Cette proportion n’a pas diminué et correspond au taux de chômage officiel.
Comme le problème de l’emploi n’a jamais été résolu, et puisque la population a continué à augmenter, la situation actuelle est la suivante : plus de 180.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi, dont plus de 130.000 totalement privés d’emploi. Ces données sont à comparer à celles contenues dans la dernière étude de l’INSEE publiée hier et intitulée « Au 3e trimestre 2019, l’emploi salarié reste dynamique ». Elle indique en effet qu’à cette période, le nombre de salariés dans le privé et le public était estimé à 263.400. Ceci rappelle donc qu’à La Réunion, le nombre de demandeurs d’emploi constitue une part importante de la population active.

Crise dans la construction

Par ailleurs, l’étude met le doigt sur des secteurs essentiels fragilisés. C’est tout d’abord celui de la construction : « D’octobre 2018 à septembre 2019, le nombre de logements autorisés à la construction est de 6 700 à La Réunion, en forte baisse de 14 % par rapport à la même période un an auparavant. À La Réunion, les autorisations de construire diminuent fortement pour les logements collectifs (- 27 %), alors qu’elles sont stables pour les logements individuels, avec 3 700 projets autorisés. De son côté, le nombre estimé de logements mis en chantier dans la région diminue de 5 % entre octobre 2018 et septembre 2019 par rapport à la même période un an plus tôt. Sur un an, 6 600 logements ont été commencés. Les mises en chantier sont en repli, aussi bien dans la construction individuelle (- 6 %) que dans le logement collectif (- 3 %) ».
Avant 2010, le rythme était beaucoup plus élevé, avec 10.000 logements construits tous les ans. Mais cela restait malgré tout insuffisant, compte tenu des capacités contributives des Réunionnais qui nécessitent la construction de logements sociaux. Durant cette période d’abondance, le retard en matière de logements sociaux n’a pas été comblé, et aujourd’hui près de 30.000 familles sont privées du droit de vivre dans un logement avec un coût du loyer dit « social ».
La catastrophe se situe aussi du côté des travailleurs. La chute de la construction a entraîné celle des effectifs du BTP, quasiment divisés par deux en 10 ans.

Dépendance du tourisme à la France

Le tourisme est aussi fragile. L’INSEE note une hausse de la fréquentation hotelière, mais « au 3e trimestre 2019, la croissance de la fréquentation hôtelière est tirée par la clientèle résidant dans les autres départements français (+ 14 %), alors que le nombre de nuitées des locaux et celui des clients résidant à l’étranger diminuent chacun de 8 %. Parmi la fréquentation des non-résidents, le recul concerne notamment la clientèle en provenance d’Afrique (- 36 %) et celle d’Europe (- 9 %) ».
Cela signifie une forte dépendance aux touristes venus de France. La situation de crise sociale vécue par ce pays aura sans doute des conséquences sur les envies de vacances, car pour un Européen, il est possible de trouver le soleil, la montagne et la plage plus près de chez lui, et pour moins cher qu’à La Réunion.
Le secteur des services reste le plus dynamique, avec 2100 créations d’emploi au 3e trimestre 2019 : « les créations ont lieu principalement dans les secteurs des services aux entreprises et aux ménages, et dans une moindre mesure dans les secteurs de l’hébergement-restauration et du commerce ».

Ce que disent les créations d’entreprise

Le nombre des créations d’entreprise est un autre indicateur de la crise à La Réunion. En effet, « au 3e trimestre 2019, 1 769 entreprises ont été créées à La Réunion dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles. Après une stabilité au trimestre précédent, le nombre de créations d’entreprises augmente de 3 %. Le volume de créations est à son niveau le plus élevé depuis 2012 ». Et l’INSEE de préciser que : « les créations d’entreprises sont dynamiques dans tous les secteurs d’activité. Contribuant pour un tiers à la hausse globale, le secteur de la construction connaît la plus forte progression : + 9 % après une stabilité au trimestre précédent. Les créations augmentent également de 9 % dans l’industrie, mais ce secteur ne pèse que 6 % de l’ensemble de la création d’entreprises à La Réunion. La hausse est plus modérée (+ 2 %) dans le « commerce, transport, hébergement et restauration » et le secteur des services (hors commerces). Ces deux secteurs sont majoritaires et concentrent 83 % des créations ».
Cette progression reflète notamment l’impasse dans laquelle se trouvent des travailleurs mis au chômage. Pour s’en échapper, la seule possibilité réside dans la création d’une entreprise. Ainsi, ils sortent des statistiques du chômage, mais prennent des risques importants comme en témoigne le nombre important de liquidations de société.

Faillite d’un système

Rien dans le cadre actuel ne peut laisser espérer un changement positif. La situation actuelle découle en effet d’une politique d’assimilation qui ne veut pas laisser aux Réunionnais la possibilité de chercher eux-mêmes les voies de développement les plus adaptées pour leur pays.
C’est notamment le cas de la politique de l’emploi. Dans ce domaine, l’intervention de l’État s’est surtout manifestée par la diminution des cotisations sociales et fiscales des entreprises, et par le recours aux emplois aidés. Pour les seconds, le gouvernement a décidé de serrer la vis, ils étaient moins de 10.000 au troisième trimestre 2019, soit à peine la moitié des effectifs d’il y a quelques années.
Sans doute une autre politique est possible en misant sur les atouts de La Réunion qui sont notamment sa jeunesse. Mais dans le système actuel, c’est le chômage pour plus de la moitié des jeunes qui sortent de l’école. Ce gaspillage se poursuit depuis des décennies, ce qui bloque le développement du pays.
Avec un pouvoir de décision pour les Réunionnais, la situation ne peut que s’améliorer car il est clair que Paris a complètement failli dans ce domaine.

M.M.



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  • En principe le taux de chômage se détermine par rapport à la population active et celle ci réunit ceux qui travaillent et ceux qui sont au chômage . Ce qui nous fait un total e 443000 personnes . Si vos chiffres sont exacts le taux de chômage de la Réunion par rapport sa population active serait de 40% et non de 25% comme il est indiqué dans certaines publications officielles .

    c’est vrai que la population active comprend aussi les gens qui sont en âge de travailler mais qui ne travaillent pas volontairement et ne recherchent pas d’emploi ; Ce qui voudrait dire qu’il y aurait à la Réunion 70000 personnes qui sont en âge et en capacité de travailler , c’est à dire qui ne sont ni scolarisés, ni à la retraite , ni malades ni handicapés , mais qui ont quand même les moyens de vivre sans travailler si le taux officiel de chômage de 25% est exact .

    Le travail n’est pas une obligation sociale même si Dieu nous dit "tu gagneras ton pain à la sueur e ton front" et ceux qui peuvent vivre sans travailler ont le droit de le faire mais j’espère que ces 70000 personnes qui vivent sans travailler ans notre île c’est parce qu’elles sont suffisamment riches pour le faire et non parce qu’elles vivent gratuitement aux dépens de la collectivité ou des autres, de leurs familles et voisins .

    Vous allez me dire que si nous avons 70000 personnes qui sont suffisamment riches pour vivre sans travailler ce n’est pas forcément une mauvaise chose car leurs dépenses contribuent au développement économique de l’île et que ce serait bien que nous ayons encore plus de riches qui ne travaillent pas et qui viennent dépenser leur argent chez nous ; mais je ne suis pas certain que tous ce qui vivent sans travailler soient exclusivement des gens riches, d’autre part si ceux qui peuvent travailler mais préfèrent rester inactifs peuvent être considérés comme des oisifs , je crains que même s’ils contribuent au développement économique de l’île , ils contribuent aussi à sa déchéance culturelle à la destruction des valeurs culturelles individuelles et collectives, car l’oisiveté est la mère de tous les vices /

    Que nous soyons riches ou pauvres le travail est une obligation divine et si ce n’est une obligation sociale c’est aussi aussi un devoir social et la première responsabilité de ceux qui nous gouvernent est de veiller à ce que la société permettent à tous de travailler . Il faut des travailleurs pour payer les besoins sociaux de ceux qui ne travaillent pas : les études de nos jeunes, la santé de tout le monde et la retraite de nos vieux ..... Si nous n’arrivons pas à organiser la société de manière à donner du travail à tous ceux qui peuvent travailler et sont en âge de travailler ; peut être qu’il faudrait envisager d’instituer un impôt sur l’oisiveté des riches et un délit pour ceux qui refusent de travailler et préfèrent vivre aux dépens des autres . La sanction de ce délit serait l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt collectif qui serait proposé par les collectivités publiques ou par des particuliers sous le contrôle des pouvoirs publics ..... Mais il y a peut être d’autres solutions pour que nos société puissent se développer harmonieusement pour le bonheur de tous sans créer un impôt ou une amende sur l’oisiveté des riches ou des pauvres .

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  • Il nous faudrait une boule de cristal, pour mieux y voir et donc comprendre. Tout ça c’est à la fois compliqué, dramatique et injuste.
    Compliqué parce que les enjeux sont là, les uns et les autres passent trop de temps à attendre, les élus pour se tirer dans les pattes, au lieu d’agir, tous ensemble, en faisant participer tout le monde concerné, en lieu et place de s’occuper de leur mandant, à renouveler ou à conquérir à coups de promesses, de funestes idées, démagogiques. Pour mieux comprendre, ne pas se laisser berner, il faut se cultiver, tout simplement, on sait que cela prend du temps mais au lieu d’aller picoler, fumer, perdre son temps inutilement, avoir un esprit critique apporte, j’en suis certain, plus de liberté. Ne pas se laisser entraîner par le système qui encourage, à l’aide de pubs ridicules, infantilisantes à seulement consommer, pour ensuite faire les malins, rendre les autres jaloux, sans surtout pas que l’on se pose des questions comme : "des enfants ont-ils été exploité, quasiment comme des esclaves pour arriver à faire ces produits à la mode que l’on me ousse à acheter ?" ou " que va-t-on faire de ces produits devenus obsolètes d’ici peu (c’est programmé dès leur conception, comme dans les jouets, l’électronique) sans oublier de leur emballage eux aussi polluants ?" ou encore " Est-ce ainsi que je prépare la Réunion pour mes enfants, les petits -enfants qui viendront plus tard après mon départ de cette planète dont on dépend et que l’on continue à saccager pour l’argent, le court terme comme quand on voit les incendies en Amazonie, ou Australie ?" Non, vraiment, il y a quelque chose à faire sinon, on va droit dans la cata, l’iceberg du Titanic, inévitable :

    Concernant le travail, il faut aller là où il est ou le créer là où on peut, veut. "chômeurs, soyez patrons" aimait à dire un certain réunionnais devenu 1° ministre, faut pas oublier cela. Ceci dit, ils existent mais hélas ne sont pas assez nombreux, surtout dans l’économie circulaire, le bio, le respect de la planète.
    Expérons que les projets de téléphériques, dont le 1° va pas tarder à démarer, puis celui du tramway "Duparc-Barachois" et le train "Ste Rose-St Joseph" proposent des postes, emplois durables, comme dans les énergies du même nom (solaire, géothermie, éolienne) qui sont à la fois, faut le savoir : locale, gratuite et inépuisable. Plus pourvoyeuses d’emplois, voilà.

    Si la Réunion décide de devenir autonome en énergie, en alimentation, en agriculture Bio en priorité, on pourra s’en sortir et l’annoncer fiérement aux autres, d’où qu’ils viennent. Pour le moment, les gens qui viennent, ou reviennent, se rendent compte que la Réunion se dégrade ! Fini les tortues qui viennent pondre, les bichiques péchés jusqu’au dernier à la javelle, Bonjour les filets troués pour aller se baigner, les requons qui se repaissent des ordures, les mouches qui attanquent les mangues, les moustiques tigres, les bouchons, les voitures qui fument, 3/4 diésel, bravo !

    Madagascar à besoin de main d’oeuvre qualifiée pour se développer, tout faire ou refaire, comme par ex, le réseau de chemin de fer, les routes, les télécoms, la 4G, le tourisme. Ne serait-il pas opportun de les aider ? Bonne année zot tout, Arthur qui fume. Souffre des fumées, bruit et odeurs des moteurs, pouah, ça urege ici, vite, réagissons, agissons, action, votons, c’est le mieux à faire, donner son avis dans les urnes, voilà, Qui n’est pas d’aacord ou d’accord ? Rien à rajouter ?

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