Les milieux naturels, supports de l’insertion sociale et professionnelle
504 contrats d’avenir dans les forêts
7 juillet 2006
Les milieux naturels, support de l’insertion professionnelle ? L’ONF en est convaincu. Depuis les années 1980, plus de 2000 "fonds de chômage", remplacés plus tard par 400 CES et CIA, ont travaillé sous le drapeau vert, dans les forêts dites “départemento-domaniales”, qui représentent près de 90.000 hectares, soit 40% de la superficie totale de l’île.
Depuis le DOCUP 2000-2006, on assistait à un renforcement de cette politique d’insertion, et l’ONF tient à œuvrer pour l’emploi réunionnais. 504 Réunionnais, autrefois Rmistes, profiteront deux ans durant d’un contrat d’avenir. Cette initiative aurait été déboutée, si elle ne pouvait compter sur une collaboration partenariale forte, entre les deux collectivités locales (région, Département), l’Europe, l’ONF, et autres partenaires.
Le Département s’est doté l’année dernière d’un outil de poids pour mener à bien sa politique d’insertion. Le Groupement pour la Conservation de l’Environnement et l’Insertion professionnelle (GCEIP), association loi 1901, a la lourde charge de mettre en activité et en parcours d’insertion et de professionnalisation, sur le domaine forestier ou tout autre espace naturel.
Main d’œuvre peu onéreuse
Pour Pierre Olivier Drège, cette initiative témoigne de l’implication de l’ONF dans la vie sociale de La Réunion. Il déclare : "l’ONF travaille pour La Réunion, avec les partenaires, pour servir, au-delà de l’entretien de l’espace naturel, l’insertion professionnelle". Parc naturel exemplaire, dans un futur proche classé au rang du patrimoine mondial de l’UNESCO, il importe en effet que l’instance œuvre pour la professionnalisation de Réunionnais en situation d’échec social.
64 agents forestiers se sont portés volontaires pour encadrer ce programme d’insertion. Cette opération vise, selon Pierre Olivier Drège, à redonner à ce public une stabilité sociale, à nourrir l’apprentissage d’un métier. Le programme encourage une démarche de recherche d’emploi. Vous comprendrez pourquoi : au bout de deux ans, les bénéficiaires du dispositif seront orientés soit vers la formation, ou la création d’entreprise.
Pour l’heure, que dire, sinon "bon vent" à ses ouvriers "peu chers payés" qui remplissent une mission primordiale pour la sauvegarde et l’entretien de notre patrimoine naturel. On les retrouvera dans nos sentiers, mis à mal par le cyclone Diwa ; 15 à 20% des sentiers sont encore fermés en raison des dégâts occasionnés par les intempéries.
C’est sûr, on a besoin de main d’œuvre pour rouvrir ses pistes, et participer au re-lancement de l’éco-tourisme réunionnais. Juste une question : pourquoi ne pas lancer un programme d’intégration de ses personnels, pour renforcer l’entretien et la sauvegarde de notre verte nature, si empreinte de biodiversité ?
Patrick Julie
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