Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Conséquence d’un fort taux de chômage
20 février 2023, par

L’ampleur de la pauvreté dans les quartiers « politique de la Ville » découle du chômage de masse. Cela rappelle l’importance de mesures spécifiques au contexte socialement « hors-normes » de La Réunion. L’adaptation de décisions prises selon la situation de la France ne suffit pas. Il appartient aux Réunionnais de proposer des mesures contre la pauvreté dans leur pays, et à l’État de les accompagner.
Voici un extrait d’une étude de l’INSEE parue le 16 février :
« À La Réunion, 159 300 personnes habitent dans l’un des 49 quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) en 2018, soit un cinquième de la population. Ces quartiers rassemblent, par définition, une population dont la situation est particulièrement précaire. Ainsi, 53 % des habitants des QPV sont pauvres, 54 % n’ont pas de diplôme, 66 % de ceux en âge de travailler n’ont pas d’emploi. Leur situation est nettement plus difficile que celle de la population des QPV de l’Hexagone.
La forte pauvreté des habitants résidant dans les QPV est liée en grande partie au fait qu’ils sont souvent sans emploi. C’est le cas de 66 % des habitants âgés de 15 à 64 ans en 2018, contre 54 % à La Réunion. Cet écart s’explique en partie par la plus forte part de non-diplômés (54 % contre 43 % à La Réunion), qui rencontrent plus de difficultés à trouver un travail. La part de jeunes de 16 à 24 ans ni en emploi, ni en études y est donc bien plus élevée qu’ailleurs (40 % contre 31 %).
Entre 2015 et 2019, leur niveau de vie médian progresse ainsi de 2,8 % par an en moyenne. Cette amélioration est un peu plus marquée que pour l’ensemble des quartiers réunionnais en grande difficulté (+ 2,4 %). Depuis 2020 et malgré la crise sanitaire, l’amélioration de leur situation économique se poursuit avec le développement des micro-entreprises et la baisse du nombre de demandeurs d’emploi. »
Cette situation date d’avant la crise COVID-19. Elle rappelle qu’à La Réunion, le chômage est le problème numéro un avec pour conséquence un fort taux de pauvreté. Ce dernier est plus important dans les quartiers dits « prioritaires » au titre de la « politique de la Ville ».
L’étude note une amélioration de la situation. Comme le point de départ est une très grande pauvreté, les progrès montrent qu’il faudrait encore des décennies pour résorber toute cette précarité.
Le fort taux de pauvreté dans les quartiers « politique de la Ville » est une nouvelle illustration de la nécessité de remettre à plat les mesures prises pour lutter contre le chômage. Il confirme la situation sociale hors-normes de La Réunion. Ces mesures devront être adaptées à un contexte particulier bien plus dégradé qu’en France. L’adaptation de décisions prises selon la situation de la France ne suffit pas. Il appartient aux Réunionnais de proposer des mesures contre la pauvreté dans leur pays, et à l’État de les accompagner. Sans doute, ce sujet sera à l’ordre du jour des prochaines échéances, notamment la conférence territoriale élargie aux forces vives.
M.M.
Courrier des lecteurs
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