Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
La grève continue à l’usine sucrière
8 septembre 2006

La lutte continue à Bois Rouge. Si des négociations ont été lancées hier, elles n’ont pas abouti du fait du blocage du dialogue sur la question des salaires. La Direction précise qu’elle ne peut pas revenir sur l’accord signé en mai dernier. Quant aux grévistes, soutenus par la CGTR, ils continuent la lutte pour faire reculer l’emploi précaire dans leur usine et pour que la Direction cède sur l’augmentation générale des salaires. La bataille continue.
À Bois Rouge, la mobilisation pour une hausse des salaires et contre la précarité se poursuit. Les représentants des travailleurs se sont heurtés à l’intransigeance de la Direction qui refuse pour le moment de discuter sur plusieurs points. La Direction refuse l’augmentation du salaire horaire d’un euro pour tous les salariés. Elle ne veut pas discuter du versement d’une prime de salissure et d’une prime d’application pour les saisonniers, alors que les travailleurs permanents en bénéficient.
Hier, les différentes parties se sont retrouvées autour d’une table durant une bonne partie de la journée, sous l’égide du médiateur Alix Séry. Durant la rencontre, les planteurs ont pu livrer leurs cannes car les grévistes ont allégé le piquet de grève. Le matin, un début d’ouverture a pu être constaté sur la question des saisonniers. Le Directeur de Bois Rouge, Jean-François Moser, indique que l’usine est prête à discuter sur la question des saisonniers. "Nous pouvons envisager une embauche privilégiée de personnes qui ont déjà travaillé durant plusieurs campagnes", dit-il en substance, tout en précisant que cela est fonction de l’activité de l’usine. Ce qui veut dire qu’en cas de baisse du tonnage reçu d’une année sur l’autre, tout le monde ne pourra pas être repris.
Rien sur les salaires
Mais sur la question des salaires, la Direction est restée intransigeante. Elle indique qu’elle ne peut pas revenir sur l’accord de négociation annuelle obligatoire signé en mai dernier et enregistré à la Direction du travail, et elle affirme que le mandat du médiateur ne permet pas à ce dernier de "revenir sur les termes de cet accord". Elle se dit prête à poursuivre les discussions, estimant "qu’il y a nécessairement une solution au conflit".
Mais il faut savoir que cet accord sur les salaires peut être signé par des syndicats ultra minoritaires ne représentant que quelques salariés dans l’entreprise et être ensuite enregistré même si les autres syndicats mandatés par la quasi-totalité des travailleurs de l’usine refusent d’apposer leur signature à un document qui est loin de correspondre aux attentes des ouvriers sur une question aussi essentielle que les salaires.
Pour leur part, les grévistes prennent acte d’une légère évolution de la situation concernant le renouvellement des contrats des saisonniers. "Sur ce point, la Direction est prête à lâcher du lest", explique Jean-Yves Payet de la CGTR-Est. Mais le refus de négocier sur les salaires a entraîné le départ de la délégation syndicale et son retour sur le site de Bois Rouge. Le blocage entraîne aussi des perturbations pour les planteurs : les livraisons de canne sont difficiles.
"Ils doivent céder"
Sur les salaires, la bataille continue et va s’amplifier, souligne le représentant de la CGTR. "La Direction a suspendu la négociation", affirme le syndicaliste, "elle refuse de céder un centime aux ouvriers". Jean-Yves Payet dénonce également "l’arrogance" de l’autre partie, qui "a dépensé des milliers d’euros en chiens, en gardiens, en frais d’avocat, en location d’une salle d’un grand hôtel à Saint-Denis pour la tenue des négociations et qui persiste à ne rien vouloir céder aux salariés".
Pour les travailleurs poussés à faire grève, et pour qui commence le 6ème jour de lutte, la situation est claire : "ils doivent céder, nous allons amplifier la lutte et nous nous préparons à un long conflit".
Déterminés, les grévistes ont le moral, selon Jean-Yves Payet, et ne voient qu’une seule issue possible : la victoire.
Manuel Marchal
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