Préserver les Réunionnais des discours communautaristes de division
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Le patronat refuse de tenir compte de la flambée des prix des produits de première nécessité
6 avril 2022, par

Après une grève la semaine dernière à Alterneo, réseau de bus de la CIVIS, ce sont tous les travailleurs du BTP qui sont appelés à cesser le travail à partir du 11 avril pour le même motif : augmentation des salaires. Les syndicats revendiquent 4 % d’augmentation pour faire face à la flambée des prix, le patronat refuse, la grève est le dernier recours pour se faire entendre.
La dégradation de la situation économique ne doit pas être payée par les travailleurs. C’est pourquoi l’intersyndicale (CFDT, CFE CGC, CFTC, CGTR et FO) du BTP revendique une hausse des salaires de 4 %. Ce 4 avril, les représentants de l’intersyndicale ont dû quitter la table des négociations le 4 avril face à l’intransigeance du patronat. Ce dernier propose 1,5 % pour 2021 et 2 % pour 2022.
L’intersyndicale rappelle que malgré la convention collective, les plus bas salaires du BTP vont être rattrapés par le SMIC.
A La Réunion, le coût de la vie est plus cher qu’en France. C’est sur la base des prix en France qu’est calculé le SMIC. Le pouvoir d’achat est donc inférieur à La Réunion. C’est ce que reconnaît l’État, car il verse une prime de vie chère égale à 53 % du salaire aux fonctionnaires titulaires.
Ces derniers mois, les prix ont augmenté avec la hausse du coût du fret impactant les nombreuses importations. Cela concerne en particulier les intrants nécessaires à la production locale. Dans ces conditions, les intermédiaires répercutent les hausses pour maintenir leurs marges, et c’est le consommateur qui doit payer la facture.
La guerre en Ukraine aggrave encore la situation. Les travailleurs demandent donc que les patrons fassent un effort pour rogner sur leurs bénéfices afin que les salariés puissent maintenir leur pouvoir d’achat. C’est pourquoi une hausse des salaires de 4 % dans le BTP permet tout juste de compenser la flambée des prix des produits de première nécessité. Rappelons que le gaz a augmenté de plus de 9 % le 1er avril, alors que cette énergie est utilisée par la plupart des familles pour cuisiner.
Face à l’intransigeance patronale qui refuse d’accéder à la juste revendication des travailleurs, les syndicats n’ont d’autre choix que d’appeler à la grève pour que le patronat soit ouvert au dialogue social. Lundi, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les chantiers seront à l’arrêt. Des rassemblements sont prévus au Port, devant les sièges des plus importants groupes de BTP de La Réunion : SBTPC et GTOI. Ces filiales de groupes extérieurs à notre île ont en effet considérablement profité des investissements des collectivités et de l’État pour faire d’importants profits qui sont ensuite rapatriés dans d’autres pays plutôt que de rester à La Réunion pour en faire bénéficier le pays.
M.M.
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