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4 juin, parNos peines
Agir pou nout tout
1er octobre 2009, par

Rassemblement symbolique hier de quelques assistants d’éducation, de salariés de l’ARAST et du collectif Agir pou nout tout sur la Place des Droits de l’Homme à Champ-Fleuri. Objectif, faire appel à la responsabilité des élus nationaux et locaux face à deux situations : « le problème de l’emploi et la lutte contre l’exclusion », indique Jean-Hugues Ratenon.
Agir pou nout tout, les salariés de l’ARAST et les assistants d’éducation en appellent à l’union sur l’essentiel, c’est-à-dire l’humain, à sortir de la logique partisane pour une logique de l’intérêt public, via la démocratie participative. Tout le contraire de la façon actuelle de procéder. « On est en train de troubler l’ordre public et nous allons vers l’explosion sociale », avertit le président du collectif. Et si le COSPAR a réussi à canaliser les frustrations de la population, il n’est pas sûr que ces tensions sociales résisteront au « massacre social ». « La souffrance va se transformer en violence », prédit Jean-Hugues Ratenon.
Une des priorités des États-généraux de l’Outre-mer, rappelle Jean-Hugues Ratenon, concerne le développement des services à la personne. Pourquoi y a-t-il dans ce cas un tel décalage entre les intentions et les politiques publiques ? L’aide à la société réunionnaise, que ce soit pour les enfants, les gramoun, les handicapés, les familles en difficulté, fait aujourd’hui l’objet d’une casse. Dans le même temps, le taux de chômage repart à la hausse, et la bataille se mène maintenant pour maintenir des emplois, que ce soit à l’ARAST ou dans l’Éducation nationale.
Démocratie participative
Pour Agir pou nout tout, cette casse sociale est le résultat de choix. Il est même possible de dégager des constantes : comme pour les prix des carburants, ou de la grande distribution, c’est le manque de transparence qui domine dans ces problèmes d’emploi. « Pourquoi le Conseil général ne rend pas publiques les données de l’audit de l’ARAST ? », interroge le président d’Agir pou nout tout. Pourquoi ce refus d’entamer un débat avec les salariés, les associations de personnes âgées et handicapées, alors que ce sont les premières personnes concernées ? L’association plaide pour une vraie gouvernance du pays, avec la démocratie participative.
Aujourd’hui, la population est exclue des débats et des décisions. « On utilise systématiquement le tribunal, on oublie l’aspect humain. Jusqu’à quand va-t-on abaisser les gens ? ».
Nathalie Sinama, salariée à l’ARAST, s’interroge sur son avenir professionnel : « On a gagné six mois, mais le problème reste le même. Que va-t-on devenir ? On ne veut pas régresser, on veut avancer », explique-t-elle.
Frania Fasy, auxiliaire de vie sociale, intervient auprès des personnes âgées et handicapées, leur redonne goût à la vie. Elle se sent aujourd’hui méprisée dans son métier, « nous ne sommes pas que des femmes de ménage », affirme-t-elle.
Carole Lacouture, assistante d’éducation, doit aujourd’hui compter sur les ASSÉDIC pour vivre après 10 ans de service. Elle attend, comme d’autres assistants d’éducation, la décision du tribunal ce vendredi sur les fins de contrats.
E.P.
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