Luttes sociales

Au fait, qui sont les vrais « voleurs » et les vrais « casseurs » ?

Jean-Paul Ciret / 12 décembre 2018

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Depuis le développement du mouvement des « gilets jaunes », les débordements qui ont pu s’ensuivre et avec les poursuites judiciaires spécialement bien orchestrées par ce que l’on a du mal à qualifier d’autorités de JUSTICE, la question m’est rapidement, sinon naturellement, venue à l’esprit : « Finalement, qui sont les véritables voleurs et casseurs ? ».

- Comme un bon camarade me le faisait remarquer, il y a deux ou trois jours, « crois-tu camarade Jean-Paul que c’est les pauvres couillons que l’avé boire un coup, que l’a pa gingne coure assez vite et que la loi l’a capé, que lé po vreman les casseurs ? minm que l’été minm pa capab bez un roche dan la tête la loi !! ». Ce qui n’a pas empêché un magistrat de les qualifier de « gens qui ne sont rien » dans la veine bien pensante du macronisme !! On trouverait sans difficultés des cas du même calibre dans les condamnés des comparutions immédiates de la belle et moderne justice parisienne !

- Allons même un peu plus loin : est-ce que les limiers de la police dionysienne ont mis la main sur les « bénéficiaires » des casses de plusieurs magasins de Sainte-Clotilde qui revendaient quelques jours plus tard les bouteilles de whisky et les cigarettes volées, à des prix défiant toute concurrence, dans les rues du chef-lieu ? Posons malgré tout la question : est-ce que ce sont les profiteurs de troubles pour quelques centaines, voire quelques milliers d’euros, les véritables voleurs et casseurs de l’ordre républicain (question à étendre comme tout à l’heure aux délinquants parisiens, dont il serait intéressant de savoir combien il y a eu de voleurs reconnus parmi les condamnés !).

- Poursuivons notre questionnement, à la vue de ces saisissantes images de plus d’une centaine de lycéens de Mantes-la-Jolie, à genoux et les mains entravées ou croisées sur la nuque, diffusées il y a quelques jours. Pour moi, professeur d’histoire à la retraite, il y avait là la réminiscence inacceptable d’images de l’occupation nazie en Europe durant la deuxième Guerre Mondiale et de répression coloniale en Indochine comme en Algérie : Monsieur le Procureur de la République de Paris, dont on comprend mieux aujourd’hui pourquoi Monsieur Macron était tellement désireux de vous voir nommé au poste que vous occupez à ce jour, relisez Montesquieu : ce qui est légal, est-il pour autant juste ?

- Et si les véritables casseurs et voleurs du bien commun et d’autrui des citoyens de la République Française se trouvaient tout simplement sous les ors de la République ? Ceux qui tolèrent, sinon organisent la fraude et l’évasion fiscale qui se comptent en DIZAINES de MILLIARDS d’EUROS chaque année ! Ne croyez-vous pas, Madame la Garde des Sceaux, que vous trouveriez là matière à développer et exprimer votre noble courroux contre ceux qui portent atteinte à ce que vous appelez encore les valeurs de la République : s’agit-il de la prévarication, qu’autorisent la proximité ou l’exercice du pouvoir, ou bien et plutôt du respect du bien commun et d’autrui, que de naïfs enseignants comme moi, ont cru devoir enseigner à leurs élèves ????

Jean-Paul Ciret, militant du Parti Communiste Réunionnais