Luttes sociales

Auto-écoles menacées : sécurité routière en danger

Ce que cache la « réduction drastique » du coût du permis de conduire

Témoignages.re / 17 décembre 2018

Le mouvement social déclenché par les gilets jaunes appelle le gouvernement à changer de politique. De nombreux secteurs subissent en effet les conséquences négatives de l’ultralibéralisme que tente d’imposer Paris. C’est notamment le cas des auto-écoles. Ces sociétés sont menacées par une nouvelle réglementation permettant l’uberisation de la profession. Il est désormais possible pour une plate-forme téléphonique sans bureau d’accueil physique de mettre en relation des élèves et des moniteurs payés au minimum ayant le statut d’autoentrepreneur. Autant dire que grande est la crainte de voir s’improviser sur les routes des « moniteurs » sans qualification, ce qui n’est pas sans danger pour la sécurité routière. L’UNIC appelle à la mobilisation.

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« Le Président de la République a fait une annonce sans même savoir ce qu’il va faire du permis de conduire. Cette manière de gouverner est dangereuse et nos entreprises en sont les premières victimes.
Les écoles de conduite sont des entreprises fragiles qui ne peuvent se permettre de subir ce genre d’annonce sans fondement.

En 2015 il nous avait été promis que notre profession ne serait pas dans la loi dite « Macron », or dans une nuit une vingtaine de députés proches de Macron ont réformé notre profession sans que nous n’en soyons avertis. Et il se prépare la même chose avec la Loi Mobilité.

L’UNIC n’a pas l’intention de revivre une telle insulte. Pour cela nous appelons les professionnels de toute la France à une grande manifestation le 17 décembre 2018.
Nous n’avons pas voulu interférer l’Intersyndicale, mais au vu des résultats obtenus, c’est-à-dire une « réunionite » et de pouvoir s’endetter encore et encore, l’UNIC sort de sa réserve et passe à l’action.
 
Nous exigeons une baisse drastique du coût du permis de conduire par la suppression de la TVA et une défiscalisation des 20 premières heures pour les financeurs (parents ou autres), associée une aide financière pour les contribuables non imposables.

Nous exigeons un plan de sauvegarde de la profession par une réglementation pérenne et surtout respectée par tous les acteurs de l’éducation routière.

Nous exigeons, pour la sauvegarde de nos salarié(e)s, le retrait sans contrepartie de l’article 20 du projet de la Loi Mobilité, à tout le moins une exception pour notre profession. (voir ci-dessous)

 Nous exigeons la récupération totale de la TVA sur le carburant « essence » dès le 1er janvier 2019, afin que nos entreprises puissent s’engager dans la transition écologique sans être pénalisées.

Article 20 du projet de loi mobilité

L’article 20 permet l’établissement à titre facultatif, par les plateformes de mise en relation par voie électronique, d’une charte précisant les contours de leur responsabilité sociale, de manière à offrir des droits sociaux supplémentaires aux travailleurs indépendants qui ont recours à leurs services. Afin de sécuriser la relation entre les plateformes et ces travailleurs, le projet précise que l’existence de cette charte et le respect de certains engagements qu’elle contient ne peuvent constituer des indices de requalification de la relation contractuelle en salariat. Cet article permet également de renforcer le droit à la formation professionnelle des travailleurs des plateformes, en définissant, notamment, des règles d’alimentation du compte personnel de formation.

Désinformation !

Certains vont vous décourager de prendre part à cette action. Trop tôt, pas le bon moyen, nous sommes en négociation, en discutions. 
Mais en discutions de quoi ? Vous le savez, vous ? Et bien nous non plus ! Une réforme réservé aux grandes enseignes, à quelques initiés ?
La loi MACRON vous vous en souvenez ? Vous connaissez le nom du Président actuel ?
Vous avez encore confiance dans ce gouvernement, champion du monde de la fausse négociation puisque tout est déjà écrit à l’avance ? Et bien nous NON ! »



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Messages






  • La po patate la fini rofroidi. Depuis 2005, l’alerte a été donnée concernant les dangers de privatisation qui guettent les auto-école. Les réformes demandées par les syndicats représentant une minorité d’auto école conduisaient cette profession dans le mur. Actuellement avec la privatisation de l’ETG, une partie importante des recettes due à une bonne formation n’est plus accessible, notamment aux petites structures qui survivent difficilement. D’autres mettent la clef sous la porte. A la Réunion,il y a une cinquantaine d’auto école qui ont fait faillite cette année. Et malheureusement ce n’est pas fini, car toujours à la demande de certains lobbies d’auto-écoles, la procédure de tout privatiser est en cours. Dans un futur proche, il n’y aura plus d’inspecteurs, plus de service public….mais juste un système oligopolistique qui aura pour vocation de rentabiliser. Le candidat sera traité comme un simple client...c’est déjà le cas. Avec l’examen du code encadré par un organisme privé, le candidat est avant tout un client qui paye alors qu’auparavant cet examen était gratuit. L’auto école gérait sa formation et la présentation aux examens...ça c’est fini et ce sera bientôt pareil pour la pratique. Pour autant, le candidat ne sera pas gagnant, car si sa formation n’est pas de qualité, il payera à plusieurs reprises des examens à un organisme privé...qui se frotte déjà les mains face à cette manne financière. La patate lé pa chaude pou tou lemonde, nana va manze la po d’autre va rampli zot panse.

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  • Je me suis fait avoir.com. Avec les plateformes téléphoniques et numériques de réservation pour les leçons de conduites, il y a de forte chances que des pirates vont s’incruster dans le système...comme nous avons déjà vu avec des forfaits payables à l’avance. Il y a eu des patrons d’auto-école sans scrupules qui ouvraient une agence. Ils affichaient des tarifs de forfait code/ conduite à des prix sacrifiés et surtout largement en dessous du prix de revient réel des leçons. Je précise que ce n’est qu’une partie des brebis galeuses de cette profession qui agissait de la sorte. Ils exigeaient que les forfait soient payés d’avance….puis ils disparaissent dans la nature laissant les candidats à leur triste sort. Dans une structure sérieuse et surtout avec un exploitant disponible, ce genre de mésaventure n’arrive presque pas. Lors de ses réclamations, l’élève a face à lui un humain pour régler son problème mais avec une machine qui propose un site sur internet pour programmer et payer des cours… où est la confiance. Qui peut nous assurer que le site est fiable ? Est-ce que ce n’est pas un site piraté qui disparait après encaissement. Alors à ce moment là, il reste à l’élève le site "je me suis fait avoir.com"

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