Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
13 mars 2006

Le ton s’est considérablement durci entre le gouvernement et les opposants au Contrat première embauche (CPE) après l’évacuation de l’Université de la Sorbonne par les forces de l’ordre.
Rentré précipitamment des Antilles pour gérer la crise des universités, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a donné l’ordre d’évacuation aux CRS qui sont intervenus au milieu de la nuit de samedi pour déloger quelque 200 manifestants qui occupaient la Sorbonne, symbole de mai 1968, depuis une douzaine d’heures.
Onze personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police. Deux autres, un photographe et un manifestant, ont été blessées, ainsi qu’une trentaine de policiers. Dans la foulée, quelques groupes ont tenté de continuer à manifester aux abords de l’université, avant d’être dispersés par les CRS.
Le ministre de l’Éducation nationale, sur France Info, s’est élevé contre des "casseurs" ne représentant, selon lui, qu’une "infime minorité" d’étudiants qui ont pris "le tournant de la violence".
Ces propos ont suscité une vive réaction de l’UNEF, premier syndicat d’étudiants de France. Son président a parlé d’une "provocation" du gouvernement et dénoncé une "tentative de manipulation de la vérité".
"Nous avons l’impression que le gouvernement a décidé de répondre à la mobilisation étudiante par la matraque et la répression", a dit Bruno Julliard. "Si le gouvernement veut continuer à utiliser la force, nous allons vers de graves affrontements".
Risques de conflit
Dans les régions, les occupations se sont poursuivies dans plusieurs facultés. Deux autres présidents d’université, à Toulouse et Nanterre, ont rejoint celui de Nantes pour demander au gouvernement de retirer le CPE face à l’exaspération croissante qu’ils disent ressentir parmi les étudiants.
"Il y a aujourd’hui un risque de conflit qu’il faut que le gouvernement comprenne", a commenté François Hollande. "Après ce qui s’est passé à la Sorbonne, avec des images de brutalité", il a une nouvelle fois réclamé que "le gouvernement en termine avec son obstination, son entêtement, et ouvre des discussions sur le retrait du CPE".
"Après l’évacuation de la Faculté de Tours la semaine passée, le gouvernement démontre qu’il perd pied, qu’il craint le mouvement de lutte contre le CPE, contre la précarisation généralisée", a pour sa part affirmé le Parti communiste français.
La gauche, les syndicats et les principales organisations lycéennes et étudiantes appellent à de nouvelles journées d’action encore plus fortes, jeudi et samedi prochains.
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