Mobilisations du 10 septembre

« Bloquons tout » : la colère des Réunionnais éclate

11 septembre 2025, par Manuel Marchal

Le 10 septembre, l’appel « Bloquons tout » a mobilisé de nombreuses personnes à La Réunion, entre Saint-Denis et Saint-Pierre. Sans paralyser l’île, la journée a donné voix au ras-le-bol d’une population étranglée par la vie chère, le chômage et le mépris démocratique. Actions symboliques et tracts ont rappelé l’urgence sociale. Les syndicats appellent désormais à une mobilisation d’ampleur le 18 septembre.

Photo RB : les communistes dans le rassemblement devant la préfecture de La Réunion

Ce mercredi 10 septembre, l’appel « Bloquons tout » a trouvé un écho à La Réunion. Si l’île n’a pas été paralysée, la journée a tout de même permis à de nombreux Réunionnais de crier leur ras-le-bol face à un système qui les enferme dans une impasse : chômage, pauvreté salaires trop bas, prix qui explosent, mépris des votes exprimés. Le PCR était présent dans les rassemblements.

Au cœur des colères

A Saint-Denis, plusieurs centaines de manifestants ont répondu à l’appel devant la préfecture. Ensemble, ils se sont dirigés vers le Barachois et ont bloqué un instant la circulation, avant de se disperser. Là encore, les mots d’ordre étaient clairs : dénoncer un système qui écrase les travailleurs et les chômeurs, et qui ignore la voix du peuple.
À Saint-Pierre, la mobilisation a commencé au rond-point du McDonald’s. Les manifestants ont distribué des tracts, lancé une pétition contre la vie chère. Ils ont ensuite marché vers la sous-préfecture, où près de plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées.

Actions dans plusieurs villes

La journée a également été ponctuée d’initiatives symboliques. À Bellepierre, la CFDT a sensibilisé devant le CHU. À Sainte-Clotilde, des manifestants étaient devant Carrefour pour inviter à ne pas consommer, dénonçant les marges indécentes de la grande distribution. À Langevin, une tentative de barrage filtrant a été rapidement levée par les gendarmes, mais le message était passé : la population est prête à se mobiliser.

Démocratie confisquée ?

Au-delà de la question sociale, c’est aussi le rejet du pouvoir en place qui a alimenté la colère. Après la démission forcée de François Bayrou, Emmanuel Macron a choisi de nommer Sébastien Lecornu à Matignon. Pour beaucoup, ce pchoix illustre une démocratie confisquée car le nouveau chef de gouvernement est un ancien LR qui a trahi son parti pour servir celui du président de la Répulique dont il est ministre depuis de nombreuses années. Il était ministre des Armées du gouvernement démissionnaire

Colère bien réelle

La préfecture avait mobilisé 600 policiers et gendarmes pour empêcher tout blocage massif. Résultat : des routes fluides, des barrages vite démantelés, et des arrestations. Mais si la circulation est restée libre, la colère, elle, a été clairement exprimée.
Car derrière ces rassemblements, il y a un message : le peuple réunionnais refuse d’être sacrifié. Les travailleurs, les jeunes, les retraités le disent haut et fort : ils ne veulent plus d’un système qui appauvrit les familles pendant que d’autres s’enrichissent.

Prochain rendez-vous : le 18 septembre

La mobilisation du 10 septembre n’était qu’une étape. Les syndicats ont d’ores et déjà fixé un nouveau rendez-vous : le jeudi 18 septembre. Cette fois, ils appellent à une journée d’action massive et unitaire pour hausser le ton contre la vie chère, l’injustice sociale et le mépris des travailleurs.
La colère n’est pas retombée. Elle ne fait que s’organiser.

M.M.

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