Luttes sociales

CGTR et l’affaire Mr Bricolage : « Demander le respect de la loi est une vertu, la violer une grave atteinte à l’ordre public »

Déclaration du Conseil Confédéral de la CGTR réuni le 2 décembre 2019

Témoignages.re / 4 décembre 2019

Le Conseil confédéral de la CGTR a adopté lundi une déclaration au sujet de l’affaire Mr Bricolage. Le syndicat rappelle qu’ « en ouvrant le dimanche après-midi, Mr Bricolage a sciemment violé la loi pour tenter d’imposer le travail du dimanche après-midi », et cela pour augmenter ses profits au détriment des emplois dans les petits commerces. La CGTR s’inscrit également en faux au sujet de l’argument des patrons de Mr Bricolage et de certains salariés manipulés qui affirment ne pas avoir été consultés avant le recours victorieux de la CGTR auprès de la justice qui a obligé la filiale du Groupe Bernard Hayot à respecter la loi : « les résultats des dernières élections CSE intervenues dans 3 grandes enseignes après la décision du TGI du 18 novembre 2019 nous ont donné la totalité des sièges ». Voici le texte de cette déclaration, avec des inter-titres de « Témoignages ».

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Sur saisine de la CGTR quant à l’application de l’accord du 7 octobre 1966 (suivi de l’arrêté préfectoral du 17 octobre 1966) interdisant le travail du dimanche midi au lundi midi dans le commerce non alimentaire, le TGI a rendu son verdict le 18 novembre dernier. L’accord s’impose à la loi. Et la loi s’impose à tous.
Cet accord n’interdit donc pas l’ouverture le dimanche matin mais l’encadre : libre à ceux qui le veulent d’ouvrir le dimanche matin, mais interdiction du dimanche 12h à lundi 12h et obligation de fermer pendant 24 h consécutives tous les 7 jours.
En ouvrant le dimanche après-midi, Mr Bricolage a sciemment violé la loi pour tenter d’imposer le travail du dimanche après-midi.
En fermant dès dimanche matin sur Savannah alors qu’il n’en avait pas l’obligation, Mr Bricolage fait dans la provocation.

Le patronat refuse de négocier

La loi serait obsolète ? Il faut la réviser ? Mais alors pourquoi depuis 2016 notre demande d’ouverture de négociations s’est heurtée à un mur de silence et de mépris de la part du patronat ? Dans le même temps en septembre 2016, nous avions communiqué en direction de l’État, des Intercommunalités et des collectivités locales afin de les sensibiliser sur cette problématique.
Et c’est aujourd’hui que ce patronat qui refusait toute idée de négociation s’empresse d’en demander l’ouverture ! Ceci étant, la CGTR réitère sa disposition à négocier pour notamment faire valoir l’amélioration des conditions de travail du personnel.*
Ceux qui travaillent le dimanche le font pour arrondir des salaires et bourses ne leur permettant pas de vivre décemment. Ils ne doivent pas être utilisés pour tirer vers le bas le droit du travail.
Le volontariat est une fumisterie : celle /celui qui refuse est sanctionné en 2 temps, 3 mouvements. Cacher cette évidence est un silence assourdissant.
Les motivations de Mr Bricolage et consorts sont bien loin de toute philanthropie et sont strictement d’ordre financier.

Le travail du dimanche doit rester exceptionnel

L’ouverture du dimanche ne crée pas d’emplois mais un transfert des petites aux grandes surfaces. Ce que les grandes surfaces engrangent se fait au détriment du petit commerce notamment de centre-ville. La poche des salariés n’est pas extensible.
L’interdiction du travail du dimanche est une vieille revendication de la CGT et de la CGTR, et elle n’a pas pris une ride.
La société n’y gagne rien. Par contre, elle perd en cohésion et le travail le dimanche détruit la vie familiale. La marchandisation de la moindre interstice de la société peut attendre un jour tant la structuration du temps social est un pilier de la cohésion sociale.
L’ouverture du dimanche des commerces s’élargira, à terme, à d’autres secteurs (transport p. ex) et entrainera, au final, une banalisation du travail du dimanche. Et alors, l’exception deviendra la norme et tout avantage lié à l’exception disparaitra ! Ainsi, la boucle de la marchandisation de la société sera bouclée.
Le travail du dimanche doit rester l’exception et ne concerner que des secteurs d’utilité publique (santé p. ex).

Les salariés ont massivement voté CGTR

La CGTR ne s’immisce pas dans la vie des gens. Elle ne demande que l’application de la loi. La loi doit intervenir pour mettre un frein à la rapacité des marchands qui s’assoit sur la santé de travailleurs « obligés » de s’éreinter pour donner à manger à leurs proches ; pour réguler le commerce afin que le petit commerce puisse continuer à exister ; pour que la société ne devienne pas dans son ensemble une immense zone commerciale où le fric est roi.
Enfin, pour faire pièce définitivement à l’argument : « la CGTR n’a pas consulté les salariés », les résultats des dernières élections CSE intervenues dans 3 grandes enseignes après la décision du TGI du 18 novembre 2019 nous ont donné la totalité des sièges.

Saint Denis le 2 novembre 2019.



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Messages






  • Encore un moyen de perdre pied dans une nouvelle entreprise à la Réunion ! Les concernés ont ils été consultés ? Les salariés même de l’entreprise ? Interrogés ils ont déclarés comme certains salariés leur envie de manifester, mais c’est par crainte qu’ils ne l’ont pas fait, ce qui adonné à aucune delegation de cette entreprise.. Et qu’en pensent ils aujourd’hui de cette procedure les salariés dans son ensemble. Les syndiqués sont de moins en moins au fil des années et dans certaines entreprises c’est perdre pied et les autres OS ? . En metropole actuellement c’est un fait généralisé, mais un grand nombre des salariés étant volontaires, ce qui laisse peu à ces jeunes étudiants ou autres demandeurs d’emploi afin de se faire une petite pécule. L’ouverture à ces jours arrangent un bon nombre des personnes au regard de la fréquentation, puisse en semaine l’occupation, la gêne des difficultés de la circulation

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  • A foncer dans l’erreur, aujourd’hui les représentants du personnel de Mr Bricolage démissionnent et avec le personnel se montrent solidaires avec les étudiants qui avaient accès à un travail temporaire leur permettant de trouver un moyen financier pour eux. On se trouve maintenant avec des attaques contre les candidats potentiels du PCR aux municipales. Comme celle qui sera adjointe sur St Denis ou dans les reactions dans la presse des questions et remarques. Ceci en visant Julie Pontalba, mérite t’elle cela alors que dans ses paroles elle s’est montrée solidaire des travailleurs, des chômeurs, et son engagement actuel "Solidarités Dionysiennes contre "la pauvreté multiforme"

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