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Conférence de presse de la CGTR
13 décembre 2018, par

La CGTR appelle à la grève ce vendredi 14 décembre. Elle organisera un rassemblement devant le siège du MEDEF-Réunion à Sainte-Marie. Elle revendique notamment un SMIC à 1800 euros et une hausse de 300 euros des bas salaires. La CGTR soutient les revendications des gilets jaunes de La Réunion, à l’exception de l’exonération des cotisations sociales et fiscales qui vont fragiliser la protection sociale, les droits des travailleurs au chômage, les caisses de retraite et les services publics.
La CGTR constate que les annonces d’Emmanuel Macron sont loin de répondre aux revendications du mouvement social. Ce sont « des vieilles recettes d’un vieux monde qui poursuit une politique d’austérité depuis 40 ans ». Le syndicat appelle donc à « poursuivre les mobilisations et à agir par des grèves dans les entreprises et des manifestations, le 14 décembre ». Un rassemblement est prévu à 10 heures devant le siège du MEDEF. Une délégation de la CGTR, porteuse d’une motion, demandera à être reçue par l’organisation patronale.
« Rien pour le point d’indice des fonctionnaire, rien pour les jeunes qui subissent une répression inacceptable », ajoute le dirigeant syndical. Aucune concession n’a été faite aux travailleurs qui demandent une augmentation des salaires, indique la CGTR. « Rien pour l’augmentation du SMIC », car les 100 euros d’augmentation « sans 1 euro pour l’employeur ne sont qu’une anticipation de l’augmentation de la prime d’activité déjà prévue dans le budget du gouvernement ». Les travailleurs privés d’emploi n’ont rien obtenu et le patronat est exonéré de tout effort : « prime de fin d’année au bon vouloir des patrons, augmentation des salaires compensée par la CSG, les heures supplémentaires désocialisée ».
Les heures supplémentaires défiscalisées restent un frein à l’emploi, et un palliatif aux bas salaires.
« Les grands épargnés de ce discours sont les actionnaires, le patronat et les plus riches : aucune contribution ne leur est imposée », souligne Jacques Bhugon.
Pour la CGTR, il faut plus que jamais répondre à « un état d’urgence social et économique ». Cela signifie l’augmentation immédiate du SMIC, des salaires, des pensions, du point d’indice dans la fonction publique, plus de justice fiscale, le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l’exigence de négociations sur les salaires dans les entreprises, des services publics qui répondent aux besoins, la relance de la politique de l’emploi.
La CGTR demande également de l’État une mesure de précaution afin que les travailleurs ne soient pas les victimes des conséquences du mouvement des gilets jaunes : une cellule de crise pour les travailleurs, sur le modèle de ce qui s’était fait dans le BTP au moment de l’arrêt des grands chantiers, précise Corinne Ramoune. La CGTR pointe un certain nombre de chiffres : 22000 emplois seraient impactés par les effets des barrages pendant deux semaines à La Réunion, des abus sont relevés dans des entreprises à cause de non-paiement de salaires, de mise en chômage partiel. L’État a créé une instance pour aider les entreprises, il importe qu’il ait la même considération pour les travailleurs. Le rassemblement devant le MEDEF sera donc un avertissement, ajoute Max Banon : « hors de question pour la CGTR de laisser écraser les travailleurs au nom d’une situation sociale difficile ».
M.M.
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