Luttes sociales

CGTR Ports et Docks : mobilisation générale le 5 mars

Un nouveau soutien au COSPAR

Manuel Marchal / 26 février 2009

Plus de 400 travailleurs ont participé hier à l’assemblée générale de la CGTR Ports et Docks. Adhérant pleinement à la plateforme du COSPAR, la fédération appelle à la mobilisation générale le 5 mars. « Nous serons nombreux dans la manifestation le 5 mars », souligne Michel Séraphine qui salue le COSPAR, un mouvement qui rappelle l’époque du CRADS.

Hier matin, la Fédération Ports et Docks de la CGTR tenait une assemblée générale avec à l’ordre du jour l’appel à mobilisation du COSPAR lancé pour le 5 mars. Plus de 400 travailleurs ont répondu à l’appel du syndicat : employés de la CCI, dockers, marins… tous sont concernés par l’appel du Collectif d’organisations syndicales politiques et associatives de La Réunion.
La CGTR Ports et Docks appelle à la mobilisation totale le 5 mars et apporte son soutien au COSPAR. Le port sera donc en grève le 5 mars.
L’organisation syndicale adhère à la plateforme du Collectif : baisse de 20% des produits de première consommation, augmentation de 200 euros des bas revenus, baisse de 5 euros de la bouteille de gaz et gel des loyers.
À cela s’ajoutera dans les mots d’ordre du 5 mars les questions qui touchent particulièrement les travailleurs du port. C’est par exemple la réforme des ports d’État d’Outre-mer, ou encore le transfert de trafic et ses conséquences pour l’emploi.
Au-delà des revendications, c’est le vaste élan unitaire suscité par le COSPAR qui prend une réelle dimension historique dans le pays.
« Cela fait longtemps que l’on a pas vu un tel rassemblement », précise Michel Séraphine, secrétaire général de la Fédération. Lors de l’assemblée générale, l’époque du CRADS a été évoquée. Créé au lendemain de la guerre, le Comité républicain d’action démocratique et sociale a joué un rôle décisif dans l’abolition du statut colonial, solution portée par les masses à La Réunion, en Guyane, en Guadeloupe et à la Martinique pour sortir de la misère coloniale.
Le CRADS s’appuyait notamment sur la mobilisation des syndicalistes pour se donner des moyens d’action. Avec le CRADS, La Réunion a pu obtenir le 19 mars 1946 et conquérir l’égalité. 63 ans plus tard, notre île est à la croisée des chemins, et un large front se constitue pour faire avancer des revendications capables d’apporter une réponse à l’urgence sociale.

Manuel Marchal


L’UNSA Éducation et ses syndicats appellent à la mobilisation le 5 mars

Dans un communiqué, l’UNSA Éducation appelle à un succès franc et massif le 5 mars.

« L’Outre-mer a été largement sous les feux de l’actualité ces dernières semaines et risque de le rester encore un certain temps. Le dénominateur commun à ce malaise social est la vie chère.
Force est de constater que malgré les alertes qui se sont faites de manière incessante au cours de ces dernières années par voix syndicales ou autres, les instances gouvernementales ont brillé par leur surdité et leur aveuglement des indicateurs dans l’ensemble des DOM depuis longtemps dans le rouge. En particulier, concernant notre département :

- Taux de chômage global 24,2% (métropole 8,1%)

- Taux de chômage des jeunes 49,1% (19,9% en métropole)

- Seuil de pauvreté : 4.929 Euros (8.241 euros en métropole)

- Prix supérieurs de 30 à 70%

- Revenu disponible brut des ménages : 13.650 euros (19.573 euros en métropole)

- Proportion d’allocataires de minima sociaux : 29% (7% en métropole)

- Investissement de l’État par habitant inférieur à la moyenne nationale ;

- Nombre de fonctionnaires par habitant : 7,06% (8,46 au plan national)
Alors comment ne pas être étonné de cette montée au créneau pour réclamer du pouvoir d’achat ?
À La Réunion, un collectif (COSPAR) regroupant des organisations syndicales dont l’UNSA, des associations et des partis politiques a appelé à une grève générale le 5 mars prochain.
L’UNSA Éducation, alors FEN, s’est fortement impliquée dans le passé dans les actions syndicales, secteurs public et privé mêlés, pour permettre de réduire les inégalités sociales qui ont perduré jusqu’à la fin des années 90 en matière de revenus (SMIC) ou de prestations sociales (AF, RMI…).
L’attitude de l’UNSA Éducation, aujourd’hui, doit être à l’égale de celle d’hier : celle d’une vigilance accrue vis-à-vis de ceux qui seraient tentés par une politique de bouc émissaire et d’un engagement solidaire et déterminé au côté de son Union Régionale au sein du collectif COSPAR pour que tous les Réunionnais puissent enfin avoir des moyens de vivre dignement. »