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La direction veut imposer un choix refusé par les agents
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La crise au CHU de La Réunion a franchi une nouvelle étape avec une proposition de la direction pour réduire le déficit : supprimer des postes ou supprimer l’indexation sur la vie chère. Les agents refusent un tel chantage, car ils ne sont pas responsables de la gestion de cet établissement.
Le CHU de La Réunion est en proie à d’importantes difficultés financières. Le problème a éclaté au grand jour en février dernier avec la grève du personnel en opposition à un plan de licenciements proposé par la direction pour réduire le déficit.
Rappelons qu’au moment de sa création en 2012 par la fusion du CHD et du Groupe hospitalier Sud Réunion, le CHU était à l’équilibre. Il comptait alors 30 % de personnels précaires. Un plan de résorption a été mise en œuvre en accord avec les syndicats. Mais au lieu d’avoir un personnel titulaire à 100 %, les embauches ont continué, sans rapport avec l’activité des établissements de soin. 853 personnes avaient été ainsi recrutés depuis 2012. C’est ce qu’avaient révélé les personnels en grève en février-mars dernier.
La gestion du plan pluriannuel d’investissements d’un montant de 400 millions d’euros est également en cause. Deux bâtiments ont été mis en chantier avec des plans datant de 2005. Pour prendre en compte les normes actuelles, des adaptations sont nécessaires, cela entraîne des surcoûts. Les grévistes mentionnaient également le fait que les comptes 2015 du CHU-Réunion n’avaient pas été certifiés, ce qui n’est pas bon signe en termes de gestion. En conséquence, l’enveloppe annuelle de l’État d’un montant de 8,5 millions d’euros n’était pas suffisante, ce qui a amené le déficit.
En mars dernier, une rencontre à Paris avait permis de se mettre d’accord sur une sortie de conflit qui permettait d’éviter de supprimer des postes.
Or, la direction du CHU a de nouveau remis sur la table un plan qui met le personnel à contribution pour réduire les dettes de l’établissement. Elle propose aux représentants du personnel le choix entre le licenciement de 70 personnes, ou la suppression de l’indexation sur 23 régimes indemnitaires. Cette indexation est une prime de vie chère.
La suppression signifie une baisse de salaires moyenne de 300 euros par mois, soit une économie de 6,5 millions d’euros.
Les représentants des salariés refusent un tel chantage. Ils ne sont en aucune façon responsables des décisions qui ont plongé le CHU de La Réunion dans cette situation financière difficile. Aussi ils estiment que ce n’est pas au personnel de payer pour ces erreurs.
La crise du CHU est donc loin d’être terminée. Une reprise de la grève ou d’autres mouvements ne sont pas à exclure.
M.M.
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