Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Mobilisation des dockers européens
16 janvier 2006

Les dockers européens se réunissent à Strasbourg ce lundi 16 janvier pour protester contre une directive de l’Union européenne prônant la libéralisation des services portuaires, en particulier celui de la manutention.
Pendant la session plénière de cette semaine, le Parlement européen doit débattre mardi de la directive “Port package 2”, adoptée par la commission européenne en novembre dernier. Le vote interviendrait mercredi.
Depuis mercredi dernier, des mouvements de grève affectent divers ports européens, en particulier Hambourg où plusieurs centaines de salariés ont cessé le travail le 11 janvier. Puis le mouvement s’est étendu au port de Brême, notamment. Selon le syndicat allemand des services (Ver.Di), pas moins de 4.500 salariés allemands ont répondu à l’appel des syndicats portuaires cette semaine.
Selon le quotidien belge “Flandersnews”, les dockers des principaux ports belges d’Anvers, Gand, Ostend et Zeebrugge ont voté une grève de 24 heures pour ce lundi.
Le 5 janvier, les représentants des travailleurs portuaires de 9 pays de l’Union, mandatés par près de 40.000 salariés employés dans plus de 100 ports européens, se sont réunis en assemblée au Havre. C’est là qu’ils ont décidé de la journée d’action et d’information du 11 janvier et d’une massive manifestation européenne à Strasbourg, soutenue par des grèves portuaires, ce 16 janvier.
La directive Port package 2 est la 2ème version présentée par la commissaire aux Transports sous la présidence de Romano Prodi, la conservatrice espagnole Loyola de Palacio, membre de la Direction du Parti populaire de José Aznar et vice-présidente de la commission européenne de 1999 à 2004.
La 1ère version de cette directive, bien qu’adoptée par le Conseil des ministres, avait été repoussée une 1ère fois par le Parlement européen en novembre 2003. En “ouvrant à la concurrence” l’ensemble des services portuaires (manutention, pilotage, remorquage, etc...), elle permettait l’emploi de main-d’œuvre sous-qualifiée à bord des navires ou embauchée par des agences d’intérim à quai, menaçant l’emploi des salariés de l’Union européenne.
Dès mars 2003, d’importantes grèves en France (Marseille, Le Havre, La Rochelle, Bordeaux), en Allemagne (Hambourg, Brême, Bremerhaven, Emdem et Nordenham) et en Belgique (Zeebrugge, Ostende, Gand, Anvers) avaient ponctué les débats parlementaires sur de cette directive et préparé son rejet par le Parlement 8 mois plus tard.
La 2ème version Port Package 2 a été présentée par la même commissaire aux Transports avant la fin de son exercice. Ses dispositions sont à peine modifiées par rapport à l’original, et la commissaire n’a pas caché qu’elle comptait sur la nouvelle composition du Parlement, plus conservatrice que la précédente, pour atteindre son but. L’actuel commissaire aux Affaires maritimes est un représentant de Malte.
Les salariés des ports, qui se sont opposés très fortement à la 1ère tentative de libéralisation, affrontant les forces de police, se préparent depuis novembre dernier à créer les conditions d’un nouveau rejet.
Dans notre île, une assemblée générale rassemble ce matin, à 9 heures au Foyer des dockers, l’ensemble des représentants des professions portuaires.
P. David
Courrier des lecteurs
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