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Communiqué de Osez le féminisme
16 juin 2023, par

Nous découvrions hier l’information diffusée par le journal Le Parisien au sujet d’un groupe WhatsApp intitulé « Fion à gogo » qui regroupait des magistrats et plusieurs responsables policiers de Montauban. Dans ce groupe, ils s’échangeaient des messages ainsi que des photos pornographiques.
Alors qu’ils parlaient d’une plaignante d’origine africaine qui dénonçait des violences policières, ils tenaient des propos sexistes et racistes en évoquant la « sodomie » en guise de représailles et en s’échangent les messages suivants : « Sur un cul de Black faut en parler », ce à quoi un magistrat répondait « Si tu lui mets ta matraque dans le fion, elle va encore crier aux violences policières… ».
L’idéologie misogyne et raciste que laissent transparaître ces propos questionne sur la capacité de ces hommes à remplir leurs fonctions qui consistent à prendre en charge des victimes et leur permettre d’exercer leurs droits. Bien que nous soyons consternées, nous ne sommes malheureusement pas surprises tant les exemples du sexisme et du racisme qui imprègnent l’institution judiciaire sont abondants.
On se souvient notamment de l’affaire dans laquelle un policier s’était enregistré par erreur alors qu’il insultait une victime d’agression sexuelle de « grosse pute ». Le ministre de l’Intérieur avait promis sa radiation, à ce jour pas suivi d’effet. Les cas de maltraitances institutionnelles lors du dépôt de plainte pour violences sexuelles sont également légion.
Nous pouvons ici citer Julie, adolescente violée par plus de 20 pompiers qui avait été interrogée à l’âge de 15 ans par un policier qui lui avait fait croire que, parce qu’elle n’avait pas pu s’opposer physiquement à un viol collectif (en réalité, plusieurs viols commis par plusieurs hommes en même temps), elle n’avait donc pas été violée, faisant fi du fait qu’elle était une enfant, seule, face à trois hommes adultes.
Citons aussi Shaïna dont l’état de sidération a été non seulement incompris mais utilisé contre elle pour remettre en doute la véracité de son récit alors qu’elle venait de subir un viol collectif à l’âge de 13 ans.
Par ailleurs, se pose la question du sort des policiers et gendarmes eux-mêmes coupables de violences masculines. En effet, le groupe WhatsApp « Fion à gogo » a été découvert sur le portable d’un policier dans le cadre d’une enquête pour harcèlement contre son ex-conjointe.
En juillet 2021, l’association Abandon de Famille - Tolérance Zéro lançait une pétition adressée au ministre de l’Intérieur et intitulée « Pour un recensement des policiers et gendarmes violents envers les femmes et/ou enfants ». Malgré les plus de 26 000 signatures, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin n’a pas semblé opportun d’y répondre.
Alors, nous reposons la question : comment faire confiance à des hommes empreints d’idéologie sexiste et/ou raciste, voire ayant eux-mêmes commis des violences contre des femmes et/ou des enfants, pour prendre en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles ? Qu’en est-il de la formation des policiers qui accueillent les victimes ? Ces formations pourraient engager une révolution politique et sociétale.
Comment l’État peut-il invariablement répondre aux associations féministes et aux victimes « il faut porter plainte, madame » tout en sachant que celui qui prendra la plainte pourrait être aussi misogyne que le désormais tristement célèbre créateur de « Fion à gogo » ?
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