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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Etude de l’Organisation internationale du Travail
12 août 2017

Un nouvel ouvrage de l’OIT est consacré à l’enjeu mondial du chômage des jeunes et propose des politiques pour créer davantage d’emplois décents pour les jeunes, hommes et femmes.
Les jeunes gens qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail sont confrontés à un défi de taille : d’abord trouver un emploi décent puis le conserver quand ils y parviennent. Les taux de chômage sont repartis à la hausse tout comme le travail informel, le travail temporaire et autres formes atypiques d’emploi. En effet, à l’échelle mondiale, deux jeunes sur cinq, femmes ou hommes, sont soit chômeurs soit travailleurs pauvres.
Comment pouvons-nous inverser ces tendances ? C’est à cette question qu’avec d’autres auteurs j’essaie de répondre dans une nouvelle publication de l’OIT : Rising to the youth employment challenge : New evidence on key policy issues (Relever le défi de l’emploi des jeunes : nouvelles données sur des enjeux politiques essentiels). L’ouvrage, le dernier d’une série produite par l’OIT ces dernières années sur les tendances et les politiques relatives à l’emploi des jeunes, examine de nouvelles données concernant les mesures prises pour promouvoir l’emploi des jeunes, allant de la tendance grandissante au lancement de microentreprises au succès de certaines politiques macroéconomiques.
L’analyse du livre démontre que les gouvernements peuvent intervenir efficacement pour stimuler l’emploi des jeunes et réduire le chômage des jeunes en prenant des mesures au niveau macroéconomique. L’augmentation des dépenses publiques par exemple – avec l’introduction de programmes de formation et d’emplois subventionnés à grande échelle – est un outil politique utile pour favoriser l’emploi des jeunes pendant les creux du cycle économique.
Pour être efficace toutefois, il faut que les finances publiques se portent relativement bien. Ainsi, quand une récession se profile, la relance budgétaire doit être immédiatement mise en œuvre, avant que le ralentissement économique lui-même ne conduise à une détérioration significative de l’équilibre budgétaire.
Cette approche est illustrée par l’exemple du programme de Garantie jeunes qui a été introduit par l’Union européenne en 2014. Il a pour but d’offrir aux jeunes qui ne travaillent pas et ne font pas d’études une éducation, une formation ou un emploi de qualité. La Garantie jeunes est par nature anticyclique, prenant de l’ampleur pendant les creux du cycle économique, quand le nombre de jeunes sans emploi a tendance à augmenter.
Les données présentées dans cet ouvrage montrent clairement l’importance, pour l’efficacité à long terme des programmes de subventions salariales, d’incorporer des éléments qui encouragent l’acquisition formelle ou informelle de compétences et de qualifications professionnelles par les jeunes participants. Il faut que les programmes durent suffisamment longtemps pour permettre aux jeunes de développer leurs compétences professionnelles et de « faire leurs preuves » dans le milieu professionnel concerné. De plus, les aides doivent être assez généreuses pour susciter l’intérêt des entreprises. Pour agir efficacement, elles doivent cibler des catégories de jeunes spécifiques – par exemple ceux qui risquent de devenir des chômeurs de longue durée. Plus important encore, elles doivent éviter que les travailleurs en activité ne soient remplacés par des jeunes nouvellement embauchés et subventionnés. Ces aides salariales sont particulièrement efficaces en période de récession quand la demande de main-d’œuvre est faible.
Dans les pays à haut revenu, le parcours professionnel des jeunes passe fréquemment par des emplois temporaires et/ou des stages souvent non rémunérés. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, trois jeunes sur quatre sont employés de manière informelle sans accès aux protections et prestations liées à l’emploi que les travailleurs formels considèrent comme acquises ; sans accès aux allocations chômage, à la retraite ni à l’assurance santé.
Pour les jeunes les plus instruits, les emplois temporaires ou informels peuvent être un tremplin vers un travail de meilleure qualité. Pour les autres – notamment ceux qui ont un faible niveau d’instruction – c’est bien trop souvent un piège.
Des politiques du travail plus intelligentes permettent d’éviter cette situation. Par exemple, les programmes actifs du marché du travail peuvent jouer un rôle déterminant pour formaliser l’emploi ; les aides publiques financières pour les salariés et/ou pour les travailleurs indépendants, sous condition de déclaration légale de leur activité, peuvent faire du travail formel une solution attrayante à la fois pour les jeunes et pour les entreprises.
Source OIT
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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