Luttes sociales

Convergence des luttes : des centaines de travailleurs manifestent contre la casse sociale

Succès de la mobilisation de l’Intersyndicale

Manuel Marchal / 9 avril 2021

Le succès de la mobilisation des syndicats hier rappelle qu’il est possible de dépasser le climat de peur instauré depuis un an par les autorités en raison de leur décision de laisser entrer la COVID-19 à La Réunion, prétexte à des mesures restrictives de liberté comme la limitation des rassemblements sur la voie publique et la fermeture de nombreux lieux d’échanges d’idées. Plusieurs centaines de travailleurs ont porté les revendications essentielles en cette période de crise. Rendez-vous est donné pour le 1er mai, date de la prochaine mobilisation.

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Malgré le climat de peur et de méfiance de l’autre résultant par les mesures restrictives de liberté liée à la crise sanitaire, plusieurs centaines de syndicalistes ont manifesté hier à Saint-Denis. Plusieurs actions étaient prévues, et les masques étaient bien portés.
Les personnels du secteur médico-social étaient appelés à manifester devant le siège de l’ARS à l’initiative de l’Intersyndicale CFTC-CGTR-FO-Sud Santé Sociaux. Parmi les revendications figurent les moyens indispensables pour que les Réunionnais aient droit à un service public de la santé correspondant à leurs besoins. Cela signifie donc plus d’investissement humain et matériel de la part de l’État. Les manifestants revendiquent également le versement d’une prime de 183 euros actée dans le Segur de la Santé, mais toujours pas versée.

Dans le même temps, une autre action à l’appel de l’Intersyndicale CGTR-FSU-SAIPER avait choisi comme lieu le siège du MEDEF-Réunion. Les syndicalistes ont dénoncé le manque récurrent de dialogue social à La Réunion, ainsi que la casse continue des services publics menée par ce gouvernement. Les travailleurs défendent le statut de la fonction publique, un rempart contre les inégalités et la corruption que Paris veut remettre en cause.

La mobilisation s’est poursuivie par une illustration de la convergence des luttes. Les différents cortèges se sont rassemblés devant la Préfecture. Ce sont les représentants du secteur de la Santé qui étaient invités à prendre la parole. Ils ont décrit le quotidien de travailleurs au bord de la rupture, avec des salaires insuffisants. La crise sanitaire causée par le choix des autorités de laisser entrer le coronavirus à La Réunion a un impact très important. Face au manque d’effectifs et de moyens causés par la casse sociale pratiquée par les gouvernements qui se succèdent, les syndicats appellent la classe dominante au respect de la population et notamment des travailleurs qui ont comme mission de soigner. D’où ces revendications portées par l’Intersyndicale :

- l’augmentation du SMIC et de tous les salaires.
- l’abrogation de la loi de Transformation de la fonction publique.
- l’arrêt des suppressions d’emploi publics et la mise en œuvre d’un plan de recrutement et de titularisation.
- l’application des conventions collectives nationales à La Réunion
- l’arrêt des licenciements pour les entreprises faisant du profit ou ayant reçu des fonds publics.
- l’égalité dans la fonction publique, et la fonction publique comme outil d’égalité.

Cette mobilisation des syndicats rappelle qu’il est possible de dépasser le climat de peur instauré depuis un an par les autorités en raison de leur décision de laisser entrer la COVID-19 à La Réunion, prétexte à des mesures restrictives de liberté comme la limitation à 6 personnes des rassemblements sur la voie publique.

Les travailleurs ont rappelé l’importance du rapport de force qui a permis la tenue de cette manifestation. Les syndicats rappellent ainsi que ce n’est pas ce genre de mesure qui va les empêcher d’assumer leur mission de rempart contre la casse sociale et les inégalités. Ces organisations structurées restent dans le viseur du gouvernement, car elles sont le principal obstacle à sa politique de régression sociale remettant en cause l’héritage de décennies de luttes sociales contre le capitalisme. Rendez-vous est donné au 1er mai, date de la prochaine mobilisation.

M.M.