Luttes sociales

Convergence des luttes pour le 1er mai

Face à l’offensive générale du pouvoir dans tous les secteurs

Manuel Marchal / 27 avril 2018

L’intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF a présenté hier la journée d’action du 1er mai. Elle sera marquée par un défilé des syndicats à Saint-Denis entre le Jardin de l’État et la préfecture. L’objectif est d’intensifier et d’élargir la mobilisation contre la politique du gouvernement qui a lancé une offensive générale contre toutes les conquêtes sociales obtenues ces dernières décennies.

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Les représentants de l’intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF ont présenté hier la journée d’action du 1er mai.

Après le défilé du 19 avril, l’intersyndicale fera du 1er mai un nouveau temps fort de mobilisation contre la politique de casse sociale menée par le gouvernement. Quatre organisations constituent cette intersyndicale : UNEF, FSU, FO et CGTR. Elles appellent à un défilé à Saint-Denis, du Jardin de l’État à la préfecture.

Ce 1er mai se déroule dans un contexte d’offensive générale du pouvoir contre les conquêtes sociales obtenues ces soixante dernières années : droit à la retraite digne, accès à l’Université, remise en cause du Code du Travail, menace sur le statut du fonctionnaire et suppression de 120.000 postes dans la fonction publique.

Les syndicats sont dans la continuité des luttes qui ont été menées contre la loi El Khomri et les Ordonnances Macron, rappelle Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, « la convergence des luttes est tout à fait normale car l’attaque est générale ». À La Réunion, le chômage augmente, la situation sociale s’aggrave, constate-t-il, « la question de la cherté de vie reste posée, au-delà des prix ce sont le niveau des salaires et des revenus sociaux ».

Service public en danger

Marie-Hélène Dor (FSU) déplore la volonté de « nous imposer un modèle social débridé ». La FSU constate que l’obstacle à ce modèle, « ce sont les acquis sociaux et les services publics ». « Il est urgentissime de sauver les services publics », affirme-t-elle.

« Nous prenons nos responsabilités pour être dans la rue », souligne David Belda (FO). Il note la prise de conscience d’un changement profond de politique des différents gouvernements par rapport aux précédents avec les attaques contre le Code du Travail et les fonctionnaires. « À La Réunion, les effets de ces politiques auront un impact plus important. La mort du service public est un danger ».

« Les différentes réformes qui passent concernent notre avenir », déclare Dany Elisabeth (UNEF-Réunion). « Parcoursup touche pleinement le supérieur et continue de diviser les gens. La sélection est déjà là en Master ». La mise en place des prérequis « va renforcer les inégalités déjà existantes avec l’exclusion des Bac Pro et Bac Technologique ».

Il rappelle que les jeunes sont particulièrement victimes de l’aggravation de la situation sociale : « 85 % des étudiants sortant de l’Université ont un contrat précaire à la sortie ».

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Le 19 avril, les syndicats étaient dans la rue pour une manifestation unitaire.

« Tout est fait pour affaiblir le syndicalisme »

Au sujet de la politique du gouvernement, Ivan Hoareau rappelle que les syndicats sont des remparts. Il évoque la raison pour laquelle le gouvernement attaque la SNCF. Il doit se dire que « si les cheminots cèdent, alors la digue cède ». « C’est ce qui s’est fait dans d’autres pays en attaquant les noyaux durs » de la résistance syndicale aux contre-réformes. Cette politique cible en effet essentiellement les syndicats : « la loi El-Khomri est une remise en cause du syndicalisme », rappelle Ivan Hoareau, « ceux qui ont des problèmes iront de moins en moins aux Prud Hommes » du fait du plafond qui limite le montant de l’indemnité due en cas de licenciement abusif.

« Tout est fait pour affaiblir le syndicalisme » alors que dans le même temps, les partis porteurs de valeurs progressistes sont en recul. « Face à la tentative de submersion du mouvement syndical, nous essayons de faire émerger le lien entre toutes ces luttes », poursuit le secrétaire général de la CGTR. Face à cette offensive, le mouvement des cheminots est une réponse, précise Marie-Hélène Dor, car ils ont choisi d’innover avec un nouveau mode d’action, la grève perlée.

Sans syndicats, avec qui discuter ?

Ces attaques contre les syndicats ne sont pas sans risque pour la cohésion de la société. Déjà au sein des organisations, la tension monte. « Des courants nous poussent à aller vers des actions plus dures, ponctuelles, à FO-Santé on le sent. Cela doit être structuré », indique David Belda, « cela implique à nous requestionner sur nos types d’action. On arrivera à quelque chose qui sera très fort ». « Si les syndicats sont déconsidérés, avec qui le gouvernement négociera, avec ceux qui crient le plus ? », ajoute Ivan Hoareau.
Ce 1er mai sera une étape de la mobilisation qui se poursuivra avec une journée d’action le 22 mai dans la fonction publique à l’appel de toutes les organisations syndicales.

En conclusion, Ivan Hoareau a indiqué que la CGTR fêtera son cinquantenaire le 9 juin à la mairie de Saint-Denis en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

M.M.



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  • Affaiblir la masse syndicale pour diviser la population. Par le passé, la Réunion a déjà connu ce type de procédé des dominants, notamment avec les cheminots qui dans les années d’après guerre constituaient une force incontournable pour la lutte des classes. Les autorités de l’époque ont supprimé le chemin de fer. Aujourd’hui encore, les héritiers de ces dominants font des cauchemars lorsque le peuple exige la réinstallation de voies ferroviaires à la Réunion. Puis, ces ultras financiers, sous prétexte de modernisation ont décimé les forces vives des dockers. Aujourd’hui, ils démantèlent la fonction publique et externalisent à outrance ....à qui profite les méfaits, certainement pas à la population qui subisse les conséquences dans les files d’attente, notamment aux urgences ou encore par l’absence d’interlocuteur lors de démarches administratives sur internet. Et après, à qui le tour : les retraités sont déjà impactés par le manque d’actifs cotisants. Les jeunes diplômés sont confrontés aux manques de places dans les universités et sur le marché de l’emploi. La solidarité entre humains est plus que jamais menacée à cause de la spéculation et des profits d’une minorité avide des richesses crées par les travailleurs.

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  • On en apprend des fois qui confirme ce que l’on connaissait avant. Ce qui est remarquable, si on peut dire, c’est que le système, dans le fond, court à sa perte et nous avec finalement, dans tous les sens du terme. Et malgré les infos, les constats scientifiques, on continue obstinément. Ce soir , voir l’émission "Envoyé Spécial" d’Elise Lucet sur France 2, qui sera disponible sur le site de la chaîne "www.france2.fr" (merci le service public, il faut le souligner, comme aussi la très bonne chaîne Arte). Le sujet sera justement la disparition irréversible des espèces utiles au bon fonctionnement équilibré de la planète, notre maison à tous et toutes qui brule, chauffe, nous supporte encore alors qu’elle n’a pas besoin de nous mais plutot l’inverse, comme les abeilles pour avoir des fruits, des légumes, du miel et un cicatrisation plus rapides des plaies, aie aie aie, ça urge ! Arthur.

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