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Semaine du Microcrédit
6 avril 2005

L’ONU a déclaré 2005 “Année Internationale du Microcrédit”. L’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) organise des forums afin de mieux faire connaître le microcrédit qui permet aux personnes démunies de créer leur propre emploi et parfois d’autres emplois.
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L’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) lance la Semaine du Microcrédit du 31 mars au 7 avril 2005 pour promouvoir la création d’entreprises par ceux qui n’ont pas directement accès aux banques. Une semaine pour informer les chômeurs et les érémistes sur les possibilités de la création de leur propre emploi, en faisant connaître les réussites des créateurs d’entreprises soutenus par l’ADIE.
Commencée jeudi 31 avril à saint-Denis, la Semaine du Microcrédit à La Réunion est passée par Saint-Paul lundi, la Rivière Saint-Louis et Saint-Benoît hier. Une semaine pour faire reconnaître les exclus par l’opinion publique comme acteurs économiques à part entière, sujets, et non objets, des politiques sociales. Le prochain et dernier forum aura lieu vendredi, 8 avril, à l’Espace Atout Jeunes de Saint-Joseph (110, rue Raphaël Babet) de 9 heures à 16 heures. Les créateurs témoigneront de 11 heures à 14 heures.
Elan vers la réussite
En finançant plus de 25.000 entreprises, créées par des personnes en difficulté, l’ADIE a démontré qu’elles réussissent aussi bien, voire mieux, que les autres créateurs. Le taux d’impayés, de l’ordre de 6%, est inférieur à celui des banques en matière de création d’entreprises. Le taux de pérennité des entreprises est du même ordre que la moyenne nationale. Les chômeurs créateurs d’entreprises font également la preuve que l’esprit d’entreprise est la chose du monde la mieux partagée : 20% d’entre eux savent à peine lire et écrire. Ils réussissent aussi bien que les 21% qui ont fait des études universitaires, sur des créneaux, il est vrai, différents.
Une semaine aussi pour rappeler les obstacles institutionnels au développement des micro-entreprises et du microcrédit. La Loi de programmation pour la cohésion sociale prévoit une exonération dégressive des cotisations sociales au démarrage pour les travailleurs indépendants bénéficiant du statut de la micro-entreprise. C’est une avancée importante, réclamée depuis longtemps par l’ADIE pour éviter la "trappe au travail au noir", déclare Maria Nowak, présidente de l’association.
Cette mesure pourrait être complétée prochainement par la possibilité de financer l’accompagnement des créateurs sur des fonds de formation professionnelle et par l’alignement de la législation sur l’usure des prêts aux entreprises individuelles sur celles des personnes morales ; deux mesures prévues dans le projet de loi pour les PME. La clôture de cette manifestation nationale se fera demain à Sciences Po en présence de Jean-Louis Borloo. Elle permettra d’esquisser un premier bilan de l’action et de tracer de nouvelles perspectives.
An plis ke sa
Bilan 2004
Depuis plus d’une dizaine d’années, l’ADIE intervient de plus en plus et s’adapte aux besoins et attentes des chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprises. L’année dernière, 251 interventions financières dont 173 prêts solidaires et 78 prêts d’honneur ont été réalisées permettant la création de 148 entreprises et le développement de 20 entreprises, soit un total de 168 nouvelles entreprises financées et accompagnées. Elle affiche un taux de remboursement de 93,4%.
Plan d’actions 2005
L’objectif de 2005 est fixé à 220 prêts solidaires décaissés, il serait envisageable de tabler sur 250 prêts pour 2006 si la croissance de l’activité prêts progressifs et prêts de développement se poursuit. Les prêts progressifs au nombre de 59 en 2004 répondent particulièrement bien aux attentes des publics ayant des activités génératrices de revenus et souhaitant faire le pas vers l’officialisation de ces activités. Depuis les premiers tests en 2000, le nombre de prêts progressifs est en augmentation constante.
Profil des entreprises financées en 2004
La répartition des dirigeants par sexe est de 30% de femmes entrepreneuses contre 70% d’hommes. L’âge moyen est de 37 ans. Plus des 2/3 des promoteurs à plus de 30 ans en 2004.
Les créateurs financés sont quasi exclusivement des personnes vivant en couple, le plus souvent avec au moins un enfant à charge. 75% des personnes financées sont bénéficiaires de minima sociaux : RMI et ASS. 69% des créateurs ont le niveau CAP/BEP ou pas de diplômes. Le commerce et les services représentent les 2/3 des activités financées. La zone Sud de l’île regroupe le nombre le plus important de prêts. Les zones Nord et Est se dynamisent, notamment en matière de prêts progressifs ou test.
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