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CGTR Auto-Moto
18 mai 2013

À la veille de l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO), le secrétaire général de la CGTR Auto-Moto, Jacques Bhugon, s’est alarmé de la détérioration du dialogue social à La Réunion, prenant pour exemple les récents mouvements de grève à la Star, dans le BTP, à Carrefour et au Port.
Ces derniers ont tenu à s’exprimer sur la situation sociale actuelle et les prochaines NAO à venir dans le secteur automobile de l’île, dont les premières réunions seront organisées le 28 mai. Avant cela, Jacques Bhugon a annoncé la victoire de la CGTR aux élections syndicale à Avis, où "la CGTR est la seule l’organisation syndicale représentée" à l’aéroport, ainsi qu’à CMM Auto (six sièges sur six avec la CFDT).
Une réunion à caractère particulier
Dans un climat social tendu, la réunion des délégués syndicaux de l’ensemble des entreprises du secteur Auto Moto a revêtu un caractère spécial, avec la grève des dockers et du personnel de Carrefour (le conflit a pris fin). "Depuis des années, sous prétexte de la crise internationale, les patrons locaux emmenés avec les patrons des grandes entreprises, qui ont des intérêts à l’extérieur, ont vidé le contenu des NAO. Les salaires ont peu évolué, si ce n’est pas du tout", a expliqué Jacques Bhugon.
"Les grandes entreprises imposent leur loi", a indiqué le syndicaliste, qui a dénoncé l’attitude du patronat de ne plus négocier, mais de laisser les conflits "pourrir". Le syndicaliste a pointé du doigt une "crise du dialogue social", car "les patrons dominent et refusent les hausses de salaire, bien que les sociétés fassent des bénéfices et "peuvent s’étendre dans toute l’île".
"La situation risque de péter bientôt, ça bouillonne, mais on ne sait pas quand ça va exploser. Les patrons vont vers un pourrissement des conflits, comme à la Star, à Carrefour, au Port. On essaie d’user les grévistes, sans rien lâcher, mais nous aussi, on ne lâchera rien", a indiqué Jacques Bhugon.
"Casser les syndicats" et notamment la CGTR
Jacques Bhugon a expliqué que "les patrons passent en force, ils veulent casser les syndicats et surtout la CGTR". Alors que les NAO sont un "moment fort du dialogue social, à la CGTR Auto-Moto, on s’y prépare", en prenant notamment en compte les revendications des salariés dans les entreprises.
Devant les médias, le syndicaliste a demandé au patronat s’il existait un budget prévisionnel en vue des négociations salariales, afin de préparer tout mouvement de grève et pouvoir "faire durer le conflit". "Une situation de grande tension sociale s’ouvre avec les NAO", a-t-il indiqué. La CGTR Auto-Moto demande l’application de la grille nationale pour le secteur, dépendante de l’avenant 65, de la loi du 1er mai 2013 et la hausse des salaires au sein des entreprises.
"Il y a un risque que ça coince", a indiqué le syndicaliste, en présence des délégués de l’ensemble de la branche Auto Moto. De son côté, Giovanni Boris, de Renault, a expliqué qu’ils allaient demander une hausse de salaire à hauteur d’une enveloppe avoisinant les 290.000 à 130.000 euros pour près de 280 salariés. "Il y a moyen de négocier", car les bénéfices sont en augmentation, a expliqué ce dernier. Pour conclure, Jacques Bhugon a affirmé que "si rien ne bouge, on appelle à des actions unitaires pour faire face à la situation".
Céline Tabou
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