Luttes sociales

Débordements à Saint-Denis et à Saint-Pierre

Après la manifestation contre la vie chère

Témoignages.re / 11 mars 2009

La mobilisation contre la vie chère a dégénéré ce mardi 10 mars 2009 en début d’après-midi. Des affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants à Saint-Denis. Le COSPAR appelle la population au calme dans un communiqué envoyé vers 17 heures. Dans le même temps, des émeutiers ont essayé d’entrer dans les Jumbo Score du Chaudron et de Saint-Pierre Grand Large. Devant le commissariat de la rue de Malartic, à Saint-Denis, une vingtaine de manifestants demandent la libération de Thierry, leur camarade interpellé.

A l’origine de la dégradation du mouvement, la projection de galets sur les grilles de la Préfecture. Les policiers de la compagnie départementale d’intervention ont répliqué à ces jets par des tirs de gaz lacrymogènes. Même si une partie des fauteurs de troubles a été dispersée, les affrontements continuaient.
Des poubelles ont été brûlées, des bouteilles et des pierres lancées sur les forces de l’ordre et des galets posés sur la chaussée du Barachois en guise de barrages. A la même heure, les policiers continuaient leur avancée face aux émeutiers sur le front de mer et sur la rue de Nice.
Vers 15 heures, un groupe de manifestants se dirigeait vers le quartier du Chaudron, en passant par la rue Léopold Rambaud qui s’est peu à peu vidée. Ils ont laissé de nombreux débris (poubelles, galets) sur la route pour empêcher la circulation qui se faisait dès lors difficilement. La compagnie départementale d’intervention a reçu l’appui du GIPN (Groupement d’Intervention Police Nationale) pour faire face aux émeutiers. Dans le même temps, des pompiers tentaient d’éteindre des feux de poubelles.
A 15h30, une quarantaine de manifestants et d’émeutiers ont pénétré dans le Chaudron. Ils reversaient sur leur chemin des mobiliers urbains. Le centre commercial Carrefour à Sainte-Clotilde et le Jumbo Score du Chaudron avaient fermé leurs portes, sans doute par crainte d’éventuels pillages.
A 16 heures, des vitrines du Jumbo Score au Chaudron ont été cassées. Les policiers ont ensuite chargé les manifestants et les émeutiers.
A Saint-Pierre, les manifestants ont fait tomber la grille du Jumbo Score du Grand Large avant de le piller.
À 17 heures, le COSPAR a lancé un appel au calme. Il était imité une heure plus tard par la Mairie de Saint-Denis. « Je lance un appel au calme et à la responsabilité de chacun. Je demande que le quartier du Chaudron qui a payé un lourd tribut en 1991 soit respecté », affirme Monique Orphé, première adjointe de la Mairie de la capitale.
Autre appel, celui de Gilbert Aubry, évêque de La Réunion. Il affirme qu’« il faut s’attacher à trouver des solutions de solidarité immédiate avec des moyens financiers qui permettent de vivre, dans le respect les uns des autres, dans le respect du bien public et des institutions, dans le dialogue et la responsabilité ».


À Saint-Pierre, les manifestants ont réclamé la fermeture de l’Hyper U des Casernes avec des débordements sur le rond-point du quartier, occasionnant des embouteillages. A la ZAC Canabady, une centaine d’entre eux ont barré les entrées du centre commercial Hyper Crack, ainsi que des magasins Mr Bricolage et Décathlon.
Ils se sont ensuite dirigés vers le Jumbo Score du front de mer aux alentours de 16 heures en empruntant la quatre-voies, ce qui a causé d’énormes embouteillages. Sur place, la grille a été endommagée et plusieurs personnes sont entrées dans le magasin.