Luttes sociales

Démolir le service public pour mieux démolir l’État 

Education Nationale : vivre à la retraite avec son salaire de début de carrière...

Jean / 12 novembre 2019

Le changement des régimes de retraites voulu par le gouvernement va considérablement diminuer la pension perçue par les enseignants. En France, au lieu de bénéficier d’un traitement correspondant à 75 % du salaire de ces 6 derniers mois, un professeur certifié ne pourra plus prétendre qu’à une retraite mensuelle égale au mieux à un salaire de professeur débutant.

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La démolition du service public continue. Et le service public de l’éducation nationale est plus que jamais dans le viseur des gouvernements. 
Cette dernière mesure, ne nous y trompons pas, est faite pour dissuader les jeunes adultes de se consacrer à la noble mission de former des générations de citoyen.n.es imbu.e.s des idéaux républicains. 

Place donc au privé dépendant des versements parentaux. 
Si t’as des sous, tes enfants pourront avoir le droit d’avoir les meilleurs profs bien payés, certes, mais tenus en laisse par les administratifs dont les postes et les missions dépendront entièrement des desiderata des financeurs. 
Si t’as des sous moyen-moyen, des profs payés moyen-moyen et plus que jamais soumis au mot d’ordre "pas de vagues" pour ne pas faire fuir la clientèle. 
Si t’as pas de sous, faudra te contenter des lambeaux du service public plus que réduit à la mendicité. 
Finie l’école de l’égalité des chances (on ne rit pas !) qui n’a souvent existé que dans les zones les plus favorisées. 

Et le progrès, dans tout ça ?
Le "progrès" ? C’est que la disparition du service public permettra qu’enfin l’État n’aura plus à gérer les carrières des enseignants, plus à se préoccuper de maintenir en état les structures (écoles maternelles et primaires, collèges, lycées, universités, etc) ou en construire de nouvelles. 

Abandonner également les postiers, les infirmiers, les médecins hospitaliers, les agents des impôts, etc, les laisser en proie au doute, au manque toujours croissant de moyens, au désespoir, c’est la certitude de les démotiver d’abord puis de mettre cette démotivation en exergue pour stigmatiser tous ces agents de l’État que l’État abandonne et rabâcher que le service public à la française est une entrave au progrès, au modernisme, bla-bla-bla ! 

L’État, nous serinera-t-on encore et encore, doit cesser de s’occuper du quotidien pour ne se consacrer qu’à ses prérogatives régaliennes … lesquelles, année après année, sont abandonnées à la Commission de Bruxelles, organisme non élu, qui prend des décisions, des directives, que les États ont l’obligation d’intégrer telles qu’elles même lorsqu’elles contredisent la loi nationale. 
Supranationalité des directives de l’UE, mise à mort des services publics : à quoi donc servent les gouvernements nationaux sinon à nous jouer une pièce de théâtre absurde où la démocratie – gouvernement du pays par et pour le peuple —, n’est plus qu’une illusion, une gigantesque farce ?

Jean