Croix-Rouge française en grève

Dénoncer ’un pas de géant en arrière’

25 janvier 2005

La CGTR-Santé s’est mobilisée hier matin devant la préfecture pour dénoncer le ’recul social’ qu’entraîne la nouvelle convention collective.

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Voilà plus d’un an que la CGTR-Santé dénonce la dégradation des conditions de travail et le traitement des salaires au sein de Croix-Rouge Réunion. Elles étaient une poignée d’employées du SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) et du service des auxiliaires de vie, hier matin, devant la préfecture à Saint-Denis.
Mais "Beaucoup sont solidaires de notre mouvement mais continuent à travailler pour assurer leur service auprès des personnes âgées", précisait Chantal Naze, secrétaire fédérale de CGTR-Santé du médico-social. Selon elle, la grève était bien suivie localement.
Le 1er juillet 2004, un ajustement de la précédente convention collective prévoyait l’augmentation de la valeur du point de salaire de 1% (soit 4,17 euros le point). "Jusque là rien n’a été fait, cette mesure n’a pas été appliquée et les organisations partenaires refusent cette mesure dans la nouvelle convention collective", déplore Chantal Naze.
Pour l’ensemble des organisations syndicales, cette nouvelle convention collective, élaborée sans concertation, représente un nouveau recul dans l’application des droits des travailleurs. "Avec l’ancienne, nous étions déjà perdants, mais avec la nouvelle, c’est encore pire", estime Chantal Naze qui parle d’"un pas de géant en arrière". Au delà de 20 ans de service, la Croix-Rouge française n’envisage plus d’évolution de salaire pour ses employés.

Droits des travailleurs bafoués

Depuis un an, la CGTR dénonce également une organisation de travail préjudiciable à l’exercice des missions du personnel. "Certains salariés sont interpellés le soir pour le lendemain. Les plannings ne sont pas tenus, c’est le désordre complet", rappelle Chantal Naze. Régression des conditions de travail, absence de dialogue social avec la direction, mais aussi allongement du temps de travail, primes et 13ème mois occultés, congés trimestriels rediscutés (le 28 janvier en Commission paritaire) : "Voilà un an que nous sommes en branle-bas de combat, mais le dialogue social ne passe pas, nous sommes toujours logés à la même enseigne (...) On nous avait dit qu’une formule serait trouvée pour les auxiliaires de vie scolaire, car elles n’entrent pas dans la convention collective... toujours rien ! L’année dernière, malgré les textes officiels, une employée en congé maladie a du batailler pour obtenir ses salaires. Une autre est aujourd’hui dans le même cas", accuse encore la déléguée syndicale Chantal Naze.
"Il faut toujours que nous nous bagarrions pour l’application de nos droits". Si la convention collective est appliquée en l’état, des mouvements de grève sont à craindre dans les prochains jours au sein des structures de la Croix-Rouge française.

Estéfany


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