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Nicolas Sarkozy invoque l’esprit de négociation
22 novembre 2007

Nicolas Sarkozy a estimé le 20 novembre, au septième jour de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, que « l’esprit de négociation » devait désormais primer sur « l’esprit de confrontation », dans un discours prononcé à Paris devant l’Association des maires de France.
« La grande majorité des salariés de la RATP et de la SNCF et la quasi-totalité de ceux de GDF et d’EDF ont repris le travail. Désormais, l’esprit de négociation doit l’emporter sur l’esprit de confrontation », a déclaré M. Sarkozy. « Des négociations s’ouvrent (...), c’est sur ce terrain que chacun doit désormais s’efforcer de faire valoir son point de vue. Ceux qui veulent travailler et qui sont de loin les plus nombreux doivent pouvoir le faire librement. Une petite minorité ne saurait imposer sa loi à une majorité, ni dans les services publics, ni dans les Universités, ce qui est un comble », a-t-il poursuivi.
Pendant ce discours, des cortèges défilaient dans de nombreuses villes.
À Perpignan, plusieurs milliers de manifestants (10.000 selon les syndicats, 4.000 selon la Police) ont défilé pour défendre les services publics et le pouvoir d’achat des fonctionnaires.
Pour le Président de Conseil général (PS) des Pyrénées Orientales, Christian Bourquin, présent avec de nombreux élus de son parti, il s’agissait « d’une manifestation importante de l’ordre de celles organisées en 1995 ».
Les personnels de l’Education nationale, du secteur hospitalier ou encore les militants de plusieurs syndicats de policiers (UNSA et Alliance) étaient présents dans le cortège.
À Marseille, 12.000 personnes, selon la Police, 60.000, selon les syndicats, ont manifesté. En tête du défilé, une banderole proclamait : « public-privé : ensemble pour les retraites, salaires, emploi, services publics ». D’autres manifestants avaient créé leurs propres pancartes, certaines faisant une référence ironique à l’augmentation de salaire du président de la République, en plein débat sur la réforme des retraites et le pouvoir d’achat : « + 140% pour Sarko, + combien pour les retraites ? ».
Des salariés du secteur privé, notamment de Casino, d’entreprises du BTP ou de la société chocolatière Netcacao ont participé à la manifestation aux côtés des professeurs, cheminots, étudiants, agents d’EDF GDF et agents hospitaliers venus de tout le département des Bouches-du-Rhône. « Il y a pas mal d’agents hospitaliers avec deux préoccupations centrales : la question des salaires, car il y a de plus en plus de smicards dans la Fonction publique, et les retraites », a déclaré Pierre Tribouillard, Délégué F0, responsable départemental pour la Santé dans les secteurs public et privé. « C’est une étape qui marque un pas de plus », a estimé la Déléguée de la CGT pour les Bouches-du-Rhône, Mireille Chessa.
À Bordeaux, entre 14.500 et 25.000 personnes ont défilé mardi dans les rues. L’interminable cortège, parti en fin de matinée de la place de la République, a défilé dans le calme « pour les salaires, les emplois, les services publics, tous ensemble dans l’action et dans la grève », comme le proclamait la banderole de tête.
En début de défilé, une délégation d’infirmières, blouses bleues et masques blancs, était rassemblée derrière une banderole proclamant : « L’Elysée se gave, l’hosto en bave ».
Dans la manifestation, menée par une forte délégation CGT, ont résonné des slogans tels que « des logements pour tous », « public-privé, c’est tous ensemble qu’il faut lutter » ou encore « 140% d’augmentation pour tous ».
Sur la banderole du syndicat Solidaires, également opposé aux "franchises médicales", on pouvait lire : « Pour les 37,5 annuités, une augmentation des salaires et des pensions ».
Outre de nombreux enseignants, on notait parmi les manifestants la présence de salariés de la Police nationale ou de l’Institut national de la recherche archéologique préventive (INRAP).
En fin de cortège, défilait une importante délégation de cheminots, en grève depuis 7 jours pour la défense de leur système de retraite. Etudiants et lycéens, notamment mobilisés contre la loi d’autonomie des Universités, se sont également joints au mouvement.
Divers salariés du privé ont enfin répondu présents, notamment ceux de Ford, qui craignent pour l’avenir de leur usine à Blanquefort (Gironde), ou de la compagnie aérienne Air France.
À Paris, les milliers de manifestants (70.000, selon les syndicats, 30.000, selon la Police), surtout des enseignants, accompagnés de cheminots et d’étudiants, ont défilé pour des augmentations de salaire et contre les réductions de personnels.
« Ensemble pour les salaires, l’emploi et les services publics », proclamait la banderole de tête de la manifestation intersyndicale, organisée de la place d’Italie à Invalides, par 8 organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires).
Juste avant le départ, au milieu de fumigènes rouges, des centaines de petits papillons de papier orange ont été largués au-dessus du carré de tête des manifestants, sur lesquels on pouvait lire : « Services publics, emplois, salaires, conditions de travail et respect du statut », signé Snui Solidaires (Impôts).
Le Secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cible de huées dans le cortège après s’être prononcé publiquement vendredi pour l’arrêt de la grève contre la réforme des régimes spéciaux, a appelé le gouvernement à sortir de sa « torpeur », jugeant que tout réformer en même temps « expose à des blocages ».
Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT, et Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU, ont tous deux salué un « haut niveau de participation » à la grève des fonctionnaires.
Bernard Thibault a souhaité que le gouvernement « crée des conditions pour les négociations » salariales dans la Fonction publique, ainsi que dans les entreprises.
Le but de la manifestation est « que le gouvernement engage des négociations sérieuses sur les salaires des fonctionnaires et sur l’emploi », a martelé Alain Olive, Secrétaire général de l’Unsa (syndicats autonomes). « Il y a une grosse mobilisation, 40 à 50% de grévistes toutes fonctions publiques confondues », a-t-il souligné.
« On n’a jamais été pour une confusion des mouvements (avec celui des cheminots sur leurs régimes de retraite, NDLR). L’intérêt pour des fonctionnaires et des agents est que leurs problèmes soient traités de manière séparée », a ajouté Alain Olive.
« A quoi joue donc le gouvernement ? », s’est interrogé le Secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, en soulignant que les fonctionnaires n’avaient eu « aucune réponse du gouvernement sur l’ouverture d’une négociation pour les salaires de la Fonction publique en 2007, aucune réponse lors de la conférence Emploi et Pouvoir d’achat ». « L’Etat employeur doit montrer l’exemple », a ajouté Jean-Claude Mailly. « Le point commun entre cheminots et fonctionnaires, c’est le pouvoir d’achat », a-t-il ajouté, en annonçant « des mobilisations à venir public-privé sur le pouvoir d’achat », sans donner de dates.
« Le pouvoir d’achat est une question centrale dans le pays, avec le niveau de pensions et les salaires », a souligné le porte-parole de Solidaires (syndicats Sud), Annick Coupé.
Les manifestations ont rassemblé 375.000 personnes mardi dans toute la France, selon la Direction générale de la Police nationale (DGPN). Au total, 148 cortèges ont été recensés dans tous le pays, a-t-on précisé de même source.
Bernard Thibault, le Secrétaire général de la CGT, avait fait état auparavant de « près de 700.000 » manifestants dans toute la France.
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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