Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Prix et revenus
2 juillet 2005

D’après ’Le Quotidien’ de lundi dernier, une enquête de l’IFOP affirme que 49% des Réunionnais pensent ne pas avoir un pouvoir d’achat suffisant pour faire face aux dépenses de la vie quotidienne sans se priver. C’est une nouvelle traduction de la ligne de fracture qui divise notre société en deux mondes.
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Pour un Réunionnais sur deux, il est nécessaire de se priver car le pouvoir d’achat disponible est insuffisant pour faire face aux dépenses de la vie courante en ce début de 21ème siècle. Un Réunionnais sur deux obligé de se priver, c’est donc un Réunionnais sur deux qui peut se sentir frustré. On a là une nouvelle manifestation de la fracture qui divise notre société en deux mondes, une division dont la violence se fait quotidiennement sentir.
Dans son dernier rapport de conjoncture publié la semaine dernière, l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IÉDOM) donne des statistiques à cette fracture. On voit que le nombre de érémistes ne cesse d’augmenter parallèlement à une diminution du nombre de chômeurs inscrits en catégorie 1.
Ceci est un signe du découragement qui gagne chaque jour des Réunionnais, qui renoncent à occuper un travail durable avec un salaire au moins égal au SMIC (signification de la catégorie 1). Ils sont prêts à accepter n’importe quel travail précaire sous-payé ou alors ils sont radiés des statistiques, du fait de la réduction des droits des chômeurs à l’indemnisation pour perte d’emploi. L’explosion du nombre de érémistes est le résultat de ce glissement, et ceci aussi alimente les frustrations.
D’ailleurs, quand on superpose le résultat du sondage d’IPSOS et des données de la sécurité sociale, on retrouve cette fracture qui jette dans la précarité plus de la moitié de la population. C’est en effet plus d’un Réunionnais sur deux qui a droit à la couverture maladie universelle, c’est-à-dire que l’on reconnaît que plus de 400.000 personnes sur notre île ont des revenus suffisamment bas pour avoir droit à la prise en charge de leurs frais médicaux afin qu’elles puissent se soigner malgré la faiblesse de leurs revenus.
Cette tendance lourde se retrouve dans les informations mises en évidence par les médias. Ce sont des manifestations concrètes de cette frustration et de ce mal-vivre que l’on retrouve dans les violences et incivilités.
M. M.
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