Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Enquête Assedic sur les besoins en main-d’œuvre
27 avril 2005

L’enquête sur les besoins en main d’œuvre conduite en 2005 par l’Assedic fait ressortir que 26% des 15.164 entreprises réunionnaises affiliées à l’assurance chômage envisageraient de recruter en 2005, soit un total de 11.700 projets d’embauche sur l’ensemble du territoire. Des intentions encourageantes si ce n’est d’une part, que les métiers les plus demandés sont majoritairement liés à une activité saisonnière et d’autre part, que l’on ne sait pas quelles suites concrètes donner à ces annonces.
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Avec le PARE (Plan d’Aide au Retour à l’Emploi), les Assedic se sont engagées à participer au financement de la formation professionnelle de ses prestataires, demandeurs d’emploi. C’est dans le but de "mettre en place ou de développer des formations en adéquation avec les manques ressentis et d’aider au reclassement des demandeurs d’emploi" qu’elle a interrogé, fin 2004-début 2005, l’ensemble des entreprises locales sur leurs besoins en main d’œuvre, leurs intentions de recrutements pour cette année, pour quels métiers et dans quels domaines d’activités.
"Toujours la même demande"
Les 3.950 réponses reçues permettent de dégager trois principaux secteurs d’activités qui comptent le plus de projets de recrutement : les services collectifs et personnels (2.150 projets liés aux activités associatives, sportives et au secteur de la coiffure), la construction (2.130 projets pour des travaux de maçonnerie, de peinture et dans le secteur de la construction de maisons individuelles) et le commerce (2.000 projets dans le commerce de détail d’habillement, le commerce de gros et dans les super et hypermarchés).
Les cinq métiers les plus recherchés sont : animateur socioculturel, de sport et de loisirs, agent de gardiennage et de sécurité, les métiers liés à l’agriculture, ouvrier qualifié des travaux publics et agent d’entretien. Pour cette quatrième enquête, également conduite à l’échelle nationale, la responsable statistique de l’Assedic, Domitile Mariotti, souligne que "l’on retrouve toujours le même profil d’emploi, toujours la même demande".
Activités saisonnières
Il est en revanche intéressant de souligner que 3 des 5 métiers les plus demandés sont liés à une activité saisonnière (animateur socioculturel, de sport et de loisir, agent d’entretien et les métiers liés à l’agriculture), soit 2.170 intentions de recrutements affichées. La précarité des emplois à pourvoir ne signifie pas que l’Assedic n’assurera pas les formations nécessaires pour répondre aux besoins des entreprises, même ponctuels. "L’on peut engager des formations de courte durée pour assurer la polyvalence de notre public et se rapprocher de la demande des entreprises", soutient Domitile Mariotti. Il s’agit là d’une analyse en fonction des volumes et des demandes et non un tableau de bord des activités porteuses d’emplois pérennes.
"Métiers sous tension"
Dans quelle proportion et pour quels métiers, les entreprises sont-elles confrontées à des difficultés de recrutement ? L’Assedic nous apprend que près de 33% des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs locaux. Elle dégage 5 "métiers sous tension" : conducteur routier de transport en commun, agent de gardiennage et de sécurité, professions paramédicales, éducateur spécialisé, conseiller d’orientation et surveillant, ouvrier qualifié du second œuvre du bâtiment. Si l’enquête traduit un manque de main d’œuvre qualifiée pour occuper ces postes, en revanche, l’on note que ce ne sont pas les plus demandés. Constat corroboré par la statisticienne de l’Assedic qui explique que "cela peut être pour un poste, un technicien, dans un secteur très spécifique".
11.700 intentions d’embauche affichées en 2005, et après ? Qui peut prétendre à ces emplois ? Quelles formations vont être engagées ? L’objectif principal de cette enquête est de dresser un tableau de bord des besoins des entreprises qui manifestent un réel besoin de personnels qualifiés. L’Assedic se défend d’être une office de placement, rôle qui incombe à l’ANPE. Elle restera en contact avec les entreprises qui le souhaitent pour éventuellement assurer un suivi de leurs besoins, mais libres à elles d’honorer les intentions.
Estéfany
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