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Soutien aux grévistes d’EDF et de la Séchilienne-SIDEC
2 avril 2011, par

Une cinquantaine de militants de la CGTR s’est rassemblée hier matin devant le local de Saint-Pierre pour dénoncer les agressions subies lundi dernier et apporter leur soutien aux grévistes d’EDF et de la Séchilienne-SIDEC. La circulation a été interrompue quelques heures devant le local de la CGTR.
Rappelez-vous, lundi dernier, le collectif des Réunionnais en colère avait manifesté à Saint-Pierre suite aux coupures d’électricité. Des « éléments incontrôlés » avaient alors agressé verbalement des salariés et des bénévoles se trouvant dans les locaux de l’Union régionale Sud de la CGTR. « Zot la même pété la porte d’entrée, zot la fé sa une fois, y fera pu deux fois », prévient Marlène Derfla, secrétaire générale de la fédération commerce à la CGTR.
Il faut savoir que ce collectif a été créé par « l’épouse d’un agent EDF, membre d’un autre syndicat, et avec une bande de ti patron, zot la agresse à nous », poursuit la militante.
C’est un comportement « inadmissible », ajoute un autre militant qui souligne que « jamais, à la CGTR nous la agresse un patron, jamais nous la rassemblé des militants pour aller au MEDEF ».
Selon Marlène Derfla, « il faut respecter le droit de grève, nos camarades y revendiquent zot droit comme tout le monde. Dans les DOM, nous lé toujours en retard pour les acquis. La situation lé pas facile pour tout le monde ».
Des pressions sur les familles d’agents grévistes
Ce rassemblement a été l’occasion également pour les militants d’apporter leur soutien aux grévistes d’EDF et de la Séchilienne-SIDEC. « Nos camarades lé en lutte depuis des mois pour défendre le droit des salariés ».
Avec les nombreuses réquisitions, la décision de justice d’évacuer la centrale du Port et le parachutage des salariés métropolitains, « c’est le droit de grève qui prend un coup, faut pas oublier que na des anciens la laisse zot vie po ça », rappelle un militant en colère.
Pour Patrick Hoarau, de la CGTR EDF, « le combat continue », même si les patrons et l’État veulent « rendre notre mouvement impopulaire ».
Le responsable syndical dénonce les pressions subies par les familles des agents grévistes. « Des femmes et enfants d’agents grévistes nous ont interpellés car ils se sentent victimes de pressions de la part des gendarmes qui viennent chez eux et les agressent verbalement. C’est scandaleux », s’insurge Patrick Hoarau.
Par ailleurs, Max Banon a rappelé que le combat mené actuellement par les grévistes est « un combat pour tous les travailleurs ».
« Si demain un travailleur, pour revendiquer un acquis, doit aller devant le tribunal administratif ou le Conseil d’État, on ne sera plus dans un pays de droit », insiste le syndicaliste.
Selon lui, la politique du gouvernement et des patrons est clairement de monter la population les uns contre les autres et de « faire baisser la tête des salariés. Mais on ne pliera pas », assure Max Banon.
Le 7 avril prochain, le Conseil d’État doit tenir une audience publique pour « dire si la requête est recevable ou pas, si elle est recevable, la décision ne sera pas connue avant plusieurs semaines voire plusieurs mois ».
Plus motivés et déterminés que jamais, les grévistes entendent poursuivre le mouvement jusqu’à obtenir satisfaction.
SP
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