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Logement des sans-abri
30 août 2004

Quelles actions mener pour soutenir les personnes sans-abri de l’Est ? « Il est des actes pleins d’humanisme qu’il est possible de mettre en place », rappellent communément les membres d’un mouvement de citoyens pour les sans-abri, « interconfessionnel et apolitique ».
L’idée initiale était d’héberger les personnes sans domicile fixe (SDF) dans des familles réunionnaises. Une idée qui a été concrétisée grâce au soutien de familles généreuses. Certains ouvrent leur foyer à ces indigents, tel que Carlo Payet, qui héberge 4 personnes sans-abri. La mairie du Tampon accueille par ailleurs un sans domicile. Henry-Charles Carpin offre gracieusement un 2 pièces, susceptible d’accueillir 6 SDF.
Comment ne pas souligner l’aide du doyen des sportifs, Lucien Simone, qui malgré ses 83 ans, s’est attelé à nettoyer ce 2 pièces. Bref ! L’entraide s’organise et le projet avance. Reste que le problème demeure entier. Il faudrait maintenant parvenir à instaurer une structure, capable d’offrir un espace d’accueil pour la nuit.
Le mouvement de citoyens pour les sans-abri propose d’installer des tentes, pour faire face à l’urgence. Pour l’heure, une seule certitude, la paroisse de Saint-Benoît met à disposition "un terrain, équipé d’un lavabo, de 3 toilettes, dont une facilement aménageable en salle de bain", confirme Gilbert Hoarau, assistant du père Glénac, qui assure que le terrain est prêté "pour 45 jours, renouvelable une fois".
Il faut cependant attendre que les services techniques de la ville de Saint-Benoît rendent conformes ces salles d’eau. La Croix-Rouge, ou peut-être l’Armée de terre, devraient prêter les tentes nécessaires. Toutefois on n’écarte pas la possibilité qu’une demande de subvention soit adressée par le mouvement aux collectivités locales, pour l’achat du matériel.
Il reste des contraintes juridiques, notamment l’obtention de l’agrément de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), qui permettrait l’ouverture du site... dans le courant du mois de septembre. Pour mener à bien une telle opération, il importe que le projet soit porté par une structure compétente. Plusieurs partenaires étaient en effet réunis autour de la table de réflexion, dont l’Espace solidarité, qui semble un partenaire privilégié.
L’Espace solidarité dispose en effet d’une sérieuse expérience en la matière. Disposant d’une boutique solidarité, qui offre un service de jour aux sans-abris, il semble que la structure soit un partenaire susceptible de porter le projet, parce qu’elle est directement concernée, de par son action en faveur des sans-abri. L’équipe de l’espace solidarité attend des garanties de la DRASS.
Il demeure cependant des questions, tout particulièrement en matière d’accompagnement social des SDF, qui reste la finalité première du projet, "même si tous les SDF ne souhaitent pas changer de style de vie". L’action du mouvement s’accompagne d’une volonté commune d’établir un suivi des sans-abri. Et tous s’accordent à dire que l’État doit apporter un soutien infaillible au mouvement, par la mise à disposition de travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés par exemple.
Ils dispenseraient des séances de formation aux bénévoles souhaitant offrir leur aide. Le public qu’ils auront à gérer n’est pas de tout repos. Il importe que les bénévoles soient consciencieusement préparés à travailler avec un tel public, qui malheureusement souffre bien souvent de l’alcoolisme.
Tout un chacun a ses responsabilités face à ce problème de l’accueil de nuit des SDF. Si certains travaillent à leur offrir un lieu où ils peuvent se poser la nuit, chaque Réunionnais peut contribuer à ce généreux projet en offrant des matelas, des couvertures, etc. "Pour que les plus nécessiteux puissent dormir au chaud durant les fraîches et pluvieuses soirées que nous connaissons à La Réunion", assure un bénévole.
Bbj
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