Journée nationale d’action de la fonction publique

Dialogue au lieu d’une grève !

11 juin 2008

Pour la journée nationale d’action de la fonction publique, les Dionysiens n’ont vu aucun manifestant prendre la rue de Paris. La FSU et la CGTR ont préféré céder la place à la concertation, au dialogue, pour mener ensuite un combat solidaire contre les attaques gouvernementales. Cela part de constatations évidentes de dégradation de la qualité du service public. La fonction publique est en danger. A quand les grandes mobilisations ?

C’était un dialogue enrichissant. On peut plaindre cependant la faible participation à ce débat. Ce genre de tribune libre n’attire donc qu’une cinquantaine de fonctionnaires. Au moins porteront-ils à la connaissance des absents les conclusions de cette réunion, pourtant importante. Il faut dire que c’est une initiative du FSU et de la CGTR. Les autres syndicats auraient sûrement dit les mêmes choses. Durant cette réunion, chaque prise de parole portait un constat affligeant de la situation de la fonction publique. L’Etat fuit ses responsabilités de service public, pour préférer la voie dangereuse de la privatisation. Nicolas Sarkozy et son gouvernement s’obstinent à réformer sans concertation, cela au sacrifice d’une de ses missions premières, celle de service public. Le schéma de privatisation s’interpose à tous les services de l’Etat, de GDF-EDF aux impôts, en passant par la santé, l’Éducation nationale. Autre constat : le MEDEF rédige la feuille de route du gouvernement, et le gouvernement applique le programme du MEDEF. Les fonctionnaires observent par ailleurs le recul de leurs acquis sociaux. Ils sont concernés par la réforme des retraites, la remise en cause des 35 heures. La révision générale des politiques publiques ne pourra se faire sans eux. C’est du moins ce que l’on entend sur le banc de l’amphi Thérésien Cadet.

Au nom de l’épargne

L’Education nationale subit depuis au moins une décennie une baisse de ses moyens d’action. On critiquerait volontiers notre système scolaire, en comparaison aux autres modèles européens, plus économiques, et soi-disant plus efficaces. Force est de constater que notre enseignement est perçu comme de qualité. Beaucoup d’étrangers optent d’ailleurs pour le modèle français. Il faut pourtant constater la légèreté de notre modèle, qui se prive chaque année de personnels qualifiés. L’Etat français supprime des postes. Son objectif est clair : baisser le nombre de fonctionnaires à statut, tout en contractualisant les emplois d’enseignants précaires. 600 enseignants contractuels peuvent témoigner de cela. Aucun congé payé. Pas de contrat à l’année. Et en prime, des retards de paiements de salaires. Voilà la dure réalité des enseignants contractuels, payés parfois 2 à 6 mois plus tard. Il faut cependant revenir au problème de fond. Quand il y a des contrats, il n’y a pas de concours. De la fonction publique nationale, voilà comment on bascule vers la privatisation. Les fonctionnaires devront travailler plus pour gagner plus. Voilà donc la politique des heures supplémentaires. Les fonctionnaires informent que l’on transforme ainsi un certain nombre de postes en heures supplémentaires. L’Etat veut faire des économies. Il espère aussi réduire la durée du cursus. Le cas du "nouveau" bac professionnel est l’exemple indiqué, puisque l’Etat profite ainsi d’une année de formation en moins. L’Etat pourrait aussi supprimer quelques options de sa carte scolaire. Il demanderait aussi la baisse des redoublements. C’est une logique d’économie, qui risque fort de porter atteinte à la qualité de l’enseignement.

17 juin, grève

Tout cela était envisageable. Un syndicaliste de la CGTR-PTT note que La Poste connaît cette situation depuis les années 1990. L’ère de la privatisation plane donc. Depuis la contractualisation de plusieurs de ses services, la Poste a réduit son personnel fonctionnaire, et l’on voit s’installer la précarisation dans une institution de l’Etat. Combien sont contractuels au sein de la Poste ? Combien profitent d’un CDI ? Reste la proportion de salariés de la Poste employés occasionnellement, soulagés par un fragile CDD. Quelles sont les conséquences pour les usagers, les citoyens ? Déjà, cela ne rassure pas les étudiants réunionnais, qui veulent s’orienter vers l’enseignement. Ensuite, les usagers savent qu’ils sont lésés par la casse du service public. Si le constat est fait, il faut maintenant se mobiliser. Seule une mobilisation générale unitaire de l’ensemble des salariés, du privé et du public, pourrait changer les choses. Le 17 juin, les fonctionnaires répliquent en manifestant contre la réforme des retraites, et la remise en cause des 35 heures. Si le MEDEF et le gouvernement sont unis dans leur démarche de casse sociale, les deux syndicats se promettent d’agir de jouer la carte de l’unité. Il faudrait pour cela que toutes les tendances syndicales dialoguent, s’entendent sur des actions communes !

Bbj


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Témoignages - 82e année


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