Luttes sociales

Élie Hoarau : « A nous de prendre nos responsabilités »

50e anniversaire de la création de la CGTR

Manuel Marchal / 11 juin 2018

Président du PCR, Élie Hoarau est intervenu samedi à l’occasion du 50e anniversaire de la création de la CGTR.

JPEG - 117.3 ko
Élie Hoarau, président du PCR.

Élie Hoarau, président du PCR, est tout d’abord revenu sur les raisons de la création d’une industrie à La Réunion. L’indépendance de Haïti entraîna pour la France la perte de Saint-Domingue, la colonie qui produisait le plus de sucre. C’est alors que la décision fut prise de développer l’industrie sucrière à La Réunion. Cela a nécessité d’importants besoins en main d’œuvre, avec « l’arrivée de nos frères et sœurs malbars ». Cela amena la création d’un prolétariat composé de travailleurs des plantations, d’ouvriers d’usine, de cheminots et de dockers. Ce prolétariat subissait la violence de l’exploitation coloniale. Il s’est organisé et a obtenu le soutien d’intellectuels et de communistes. Élie Hoarau rappelle que pendant longtemps, il était courant que le syndicaliste soit un communiste, et des dirigeants communistes étaient à la tête de la CGTR. Le président du PCR salue le travail de Bruny Payet « qui avant d’être secrétaire général de la CGTR était un dirigeant communiste connu et respecté ».

Émancipation

Élie Hoarau rappelle également qu’en 1968, année de création de la CGTR, le PCR a contribué à toute l’agitation des syndicats en allant faire débrayer sur les chantiers. Et quand Élie Hoarau a été élu, il continuait à aller sur les chantiers pour soutenir les appels de la CGTR.
« La création de la CGTR était une étape importante dans la démocratie syndicale et citoyenne », poursuit le président du PCR, « la CGTR a considéré que nous sommes un peuple, et elle a mené des actions d’émancipation notamment dans le domaine culturel ». Aux côtés du PCR, du FJAR et de l’UFR, la CGTR a mené le combat pour la célébration du 20 décembre.

Le responsable communiste souligne également que « quand les cégétistes de La Réunion ont voulu leur propre organisation, ils ont eu le soutien de la CGT ». « Il fallait donner aux syndicalistes les moyens de diriger leurs affaires », précise Élie Hoarau, la création de la CGTR « est un acte de solidarité de la CGT vis-à-vis d’un peuple qui demande son émancipation ».
Il salue la persévérance de la CGTR qui « ne baisse jamais les bras ». Les conditions de la lutte ont pourtant bien changé, car « il y a 50 ans, il n’y avait pas de chômage à La Réunion » et aujourd’hui notre île bat des records de chômage.

« Transcender tout ce qui nous différencie »

« Les gouvernements font des lois pour essayer de rattraper cela, mais nous sommes arrivés à la fin d’un cycle, celui de l’intégration ». « L’intégration ne nous permet pas de régler les problèmes actuels et à venir : changement climatique, mondialisation capitaliste et démographie », ajoute Élie Hoarau. « Nous devons trouver ici des solutions en nous mettant d’accord entre nous, se rassembler pour faire ensemble un projet », ajoute-t-il. Pour le PCR, « plus que jamais, il faut aller vers l’émancipation, avoir plus de responsabilité. A nous de prendre nos responsabilités, et de transcender tout ce qui nous différencie ».

« L’exploitation continue », ajoute le dirigeant communiste. 66 % de la valeur ajoutée part dans les mains des actionnaires, 28 % va à l’investissement et seulement 5 % est destinée aux travailleurs qui créent la richesse. « Qui ose dire que la lutte de classe est finie ? », notamment face à un gouvernement qui attaque les travailleurs.
Pour Élie Hoarau, le mot d’ordre de mai 68, « ce n’est qu’un début, il faut continuer la lutte », est plus que jamais d’actualité.