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Rassemblement demain au Rectorat contre le contournement du recrutement par concours dans l’Education nationale
26 octobre 2021, par

Nommer des personnes recrutées récemment sous contrat à la place d’enseignants dont les compétences ont été validées par un concours de recrutement et une période de stage : ce scandale doit cesser souligne l’intersyndicale du 1er degré (SAIPER-Udas, SNUDI-FO, SNUipp-FSU, SNE, SUD Éducation, CGTR Éduc’action). Après une action hier devant une école concernée, l’intersyndicale appelle à un rassemblement demain à 10 heures devant le Rectorat.
L’intersyndicale du 1er degré (SAIPER-Udas, SNUDI-FO, SNUipp-FSU, SNE, SUD Éducation, CGTR Éduc’action) a diffusé hier le communiqué suivant.
« Ce lundi 25 octobre 2021 à 8h, l’intersyndicale du 1er degré (SAIPER-Udas, SNUDI-FO, SNUipp-FSU, SNE, SUD Éducation, CGTR Éduc’action) est intervenue avec les représentants de parents d’élèves et des parents de la classe concernée devant l’école Charles Emile Christ. Cette action avait pour objectif de dénoncer le retrait d’une titulaire remplaçante nommée à l’année pour affecter une contractuelle récemment recrutée.
49 autres écoles sont aussi concernées par cette décision incompréhensible.
Les représentants syndicaux et des parents d’élèves ont été reçus par la directrice de l’école et l’inspectrice de circonscription. Cette décision brutale et sans aucune concertation a engendré de la souffrance à tous les niveaux : personnels, équipes, parents et élèves.
A la demande de maintien de l’enseignante, l’inspectrice a rappelé les raisons de la décision rectorale.
Aucune solution acceptable ne semblant possible au niveau de la circonscription, la délégation a décidé de se mobiliser à nouveau MERCREDI 27 OCTOBRE 2021 à 10h DEVANT LES GRILLES DU RECTORAT.
L’intersyndicale appelle tous les personnels de l’Éducation nationale, les parents d’élèves et les personnes inscrites sur la liste complémentaire du CRPE à ce rassemblement. »
Rappelons que dans la fonction publique, la règle est le recrutement par concours suivi par une période de stage probatoire alors que le contrat est l’exception. Largement remise en cause dans la fonction publique territoriale au prétexte du coût de la surrémunération, mais aussi pour permettre des recrutements en fonction des liens familiaux ou politiques plutôt qu’en fonction des compétences, la règle du recrutement par concours est également remise en cause par l’État, notamment dans l’Education nationale.
Non seulement, des candidats admissibles au concours placés sur liste d’attente ne sont pas systématiquement recrutés quand un poste se libère, mais en plus des titulaires sont maintenant remplacés par des contractuels qui n’ont pas prouvé leur capacité à enseigner par leur réussite au concours et au stage probatoire.
Ce contournement des règles de recrutement n’est pas nouveau. Il est notamment utilisé pour donner un emploi à un conjoint de fonctionnaire titulaire fraîchement nommé à La Réunion. C’est également un moyen d’éviter de recruter un titulaire qui est protégé par son statut de l’arbitraire.
Ce statut de la fonction publique est un des principaux acquis de la lutte menée par les communistes pour combattre la corruption dans l’administration. Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste, fut reconnu comme le « père » de ce statut. Le dirigeant communiste était alors ministre de la Fonction publique du gouvernement d’union nationale issu de la victoire contre le nazisme et son avatar français : l’extrême droite qui continue malheureusement de prospérer en France et qui est même arrivée en tête aux dernières élections européennes à La Réunion.
Le gouvernement français ne fait pas mystère de sa volonté de remettre en cause le statut de la fonction publique. L’objectif est de fragiliser le service public car il constitue un rempart contre les inégalités. Renforcer l’Education nationale est un moyen de favoriser la mobilité sociale, et de permettre aux enfants des classes les plus défavorisées d’exprimer leur potentiel et d’espérer mener une carrière en fonction de leurs compétences et de leur travail. C’est une situation intolérable pour une classe dominante qui refuse que sa progéniture soit confrontée à une concurrence remettant en cause ses privilèges, et qui paie à prix d’or des écoles privées lui permettant d’acquérir des diplômes justifiant la transmission d’un héritage construit sur l’exploitation des travailleurs.
Dans cette lutte de classes, le gouvernement issu de la classe dominante est solidaire de ses pairs.
M.M.
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