Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mobilisation des citoyens réunionnais à l’appel des syndicats
7 février 2005

À 9 heures, samedi, les derniers arrivants se pressaient devant le Jardin de l’Etat à Saint-Denis, avant le coup d’envoi de la marche de protestation qui allait conduire quelque 3.000 manifestants devant les grilles de la préfecture. L’Intersyndicale a remis une motion aux services de l’Etat pour réitérer son refus de la politique actuelle menée par le gouvernement.
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Syndicats en tête de file, personnalités politiques (Alliance, PS...), travailleurs du public comme du privé, acteurs associatifs, retraités... : un large serpentin de mécontents s’est déroulé samedi matin dans la rue de Paris au rythme des tambours et chansons traditionnelles remixées en litanie anti-raffarinienne. CGTR, CFTC, CFDT, UNSA, FSU, SAIPER, US Solidaires : l’intersyndicale, solidarisée autour d’un même ras le bol, du même refus de la "politique de casse sociale du gouvernement", se dit satisfaite du "succès" de cette mobilisation.
La remise en cause des 35 heures, actuellement discutée à l’Assemblée nationale, a servi de mot de ralliement pour le rassemblement de samedi. A La Réunion, comme en métropole (voir en page 6) , les travailleurs refusent que le gouvernement se plie à nouveau aux exigences du MEDEF. Face à la diminution constante de leur pouvoir d’achat, à la hausse de l’inflation (2% en métropole, 2,7% à La Réunion), les travailleurs ne sont pas dupes et estiment que "travailler plus, pour gagner plus", comme le médiatise le gouvernement, ne résoudra ni le problème du chômage, ni celui des conditions salariales de plus en plus précaires.
Ils refusent massivement ce chantage à l’emploi et préfèrent partager le travail, plutôt que de le voir se raréfier davantage. Selon un sondage, 77% des Français s’expriment contre la remise en cause des 35 heures de travail par semaine au titre de la durée légale du travail.
Mais les 35 heures ne sont qu’une revendication parmi tant d’autres. Privatisation des services publics, non-respect du code du travail, salaires, réformes des retraites, de l’assurance maladie, harcèlement moral... l’intersyndicale a remis une motion au secrétaire général de la Préfecture pour interpeller le gouvernement sur la dangerosité de sa politique libérale et ses conséquences socio-économiques catastrophiques à La Réunion, comme en France.
Avec un taux de chômage record, des spécificités géographiques et démographiques qui appellent à la mise en place d’une politique adaptée, La Réunion et les Réunionnais sont menacés par cette logique comptable implacable.
Les quelque 3.000 citoyens dans la rue samedi en sont bien conscients. Face aux "agressions" répétées du gouvernement Raffarin, au passage en force de ses réformes libérales impopulaires qui se succèdent en dépit de la fracture sociale qu’elles entaillent chaque jour un peu plus, les syndicats promettent d’autres mobilisations.
En tout cas, ce rassemblement a permis à chacun, quel que soit son secteur d’activité, ses obédiences politiques ou syndicales, de partager les mêmes contestations, la même volonté de défendre nos acquis sociaux pour aujourd’hui, mais aussi et surtout pour les générations à venir.
Estéfany
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