Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
André ...
27 juillet 2007

André vit dans la rue depuis de nombreuses années. Il n’est pas bavard. Il nous raconte son existence en quelques mots. Pourtant, il était un homme heureux. Il avait emploi, femme et enfants. Jusqu’au jour où l’entreprise dans laquelle il travaillait depuis une vingtaine d’années dépose son bilan. Il a eu des indemnités de licenciement comme tous les autres salariés. André a perçu les Assedic.
À la recherche d’une activité
André n’a eu de cesse de chercher une activité rémunérée. Il participe à des stages pour une reconversion éventuelle, mais rien de concret à la clé ! Il continue à adresser CV et lettres de motivation aux employeurs, va aux entretiens d’embauche. Il lui est promis une réponse dans les plus brefs délais, mais elle est à chaque fois négative.
Le couple se déchire
André s’accroche. Il va régulièrement consulter les offres d’emplois ANPE. Il recommence les démarches et toujours la même réponse lui est donnée :« Nous vous écrirons bientôt ». Il est exaspéré. Dans le même temps, le couple se déchire. Sa femme est sans emploi. C’était un choix voulu pas le couple depuis leur mariage car André gagnait bien sa vie.
Sa femme et ses enfants, sans le prévenir, quittent le foyer pour aller vivre chez ses beaux-parents. Il les cherche partout et ce n’est qu’au bout d’une semaine qu’elle l’appelle pour lui dire où ils se trouvent. Elle ne souhaite plus le revoir, tout s’écroule pour André. Il décide de tout abandonner et vivra pendant une période chez des amis. Ces derniers vont tenter de lui remonter le moral, mais rien à faire, André craque.
“Une nouvelle vie”
Il ne veut plus parler, ni entendre personne venir lui donner des conseils. Il décide d’aller vivre dans la rue, une décision grave ! Il va vite s’adapter à sa nouvelle vie, enfin, c’est ce qu’il nous dit. Il mendie avec des dalons en se plaçant devant la “boutik“ pour demander une pièce pour manger. En fait, il boit du rhum. Mais cela ne nous regarde pas.
En cette période où il pleut, André squatte une maison non loin de Bellepierre (Saint-Denis). Le toit ressemble à une passoire. Sans compter les rats et les moustiques qui ne cessent de faire des allers et retours. Et l’odeur ! « Nauséabond », il pèse ses mots.
André aujourd’hui est au bord du gouffre. Il ne sait plus qui il est et encore moins où il va...
J.-F. N.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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