Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Sur fond de décentralisation
2 octobre 2004

Alors que la responsabilité du versement de l’allocation destinée aux personnes les plus démunie est décentralisé aux Départements depuis le début de l’année, le nombre d’allocataires a augmenté de 9,8% entre juin 2003 et juin dernier, atteignant un chiffre sans précédent : 1,19 million. Les collectivités pourront-elles faire face ?
C’est une première depuis la création du revenu minimum d’insertion en 1988. Les allocataires étaient estimés en juin dernier à 1,19 million sur le territoire de la République. En un an, le nombre des condamnés au minimum a augmenté de 9,8% (10,5% rien qu’en métropole).
Pour la Caisse nationale d’allocations familiales, ce dérapage est dû à "la situation toujours difficile sur le marché du travail" : entre juin 2003 et juin 2004, le chômage s’est accru de 4%, "tandis que celui (le nombre) des chômeurs non indemnisés progressait de 8,8%". Ce dérapage s’explique aussi "par la prise en charge temporaire" des "recalculés" dont on avait réduit les droits à l’indemnisation.
Principaux touchés : les jeunes avec une hausse de 13,4%. D’après la CNAF et la DREES, "cette évolution peut être reliée à celle du chômage des jeunes, et dans une moindre mesure, aux effets de la réforme des filières d’indemnisation du chômage du 1er janvier 2003".
Autre explication : la précarisation croissante des contrats de travail pousse des milliers de personnes à céder au découragement et à basculer vers le RMI, considéré comme une alternative à l’intérim ou au temps partiel imposé, qui permet malgré tout d’avoir un revenu stable pour survivre.
Mais pour Nathalie Hanet Kania, secrétaire générale de la Fédération de comités et organismes d’aide aux chômeurs par l’emploi, interrogée par “Le Monde”, cette explosion dramatique est due à la suppression de plusieurs dispositifs par le gouvernement, comme TRACE et les emplois-jeunes, et à l’échec du contrat d’insertion dans la vie sociale.
Autre inquiétude : la hausse est inégale selon les départements. Dans le Doubs, elle serait de 20%. On touche là un autre point du problème : comment les collectivités vont-elles payer ?
Car le versement du RMI aux allocataires est décentralisé et confié aux Conseils généraux. Or, avec l’augmentation du nombre d’érémistes, les transferts financiers venant de l’État seront-ils suffisants ?
On peut également remarquer que les mesures prises par le gouvernement n’ont pu que contribuer à la hausse du nombre de personnes condamnées à vivre avec le minimum. On constate que parallèlement à cette casse sociale, la décentralisation à la mode Raffarin transfère vers les collectivités locales le versement du RMI. Qui paye la casse ?
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