Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Manifestation des professionnels du BTP
2 septembre 2009

C’était devant les locaux de la SRPP (Société Réunionnaise des Produits Pétroliers) vers 3 heures hier mardi qu’a eu lieu le dénouement de l’action menée depuis près de 24 heures par l’AVECA (Association pour la Valorisation des Entreprises Commerciales et Artisanales) et Collectif pour la défense des entreprises du bâtiment et travaux publics. En milieu de soirée, les professionnels du BTP avaient installé un barrage bloquant devant le portail de la société pétrolière. Un impressionnant dispositif de policiers et de gendarmes, soutenus par l’hélicoptère de la gendarmerie, a été mis en œuvre pour les déloger. Après un court face-à-face parfois tendu, les grévistes ont accepté de lever le barrage. Il n’y a pas eu de heurt.
« Obéissance à la loi, dégager la voie, nous allons faire usage de la force ». L’avertissement lancé au porte-voix par la commissaire du Port résonne devant la SRPP. Il est 3 heures du matin. Plus d’une vingtaine de camions et d’engins de travaux publics bloquent les entrées de la société pétrolière. Les grévistes les ont installés en milieu de soirée après avoir levé les barrages qu’ils tenaient depuis le matin à l’entrée de la route du littoral et au rond-point de Cambaie.
Des cris de colère répondent à la sommation. « On est train de crever et on veut nous tirer dessus. C’est une honte ». « On ne demande pas la charité, on veut juste travailler ». Les cris sont couverts par le vrombissement de l’hélicoptère effectuant des cercles au-dessus de la zone.
Inquiétude face à l’avenir
Souraya Angama du collectif et Laurent Boyer de l’AVECA ont une brève discussion avec la commissaire. « Nous avons ordre de vous déloger si vous ne faites pas partir vos camions », prévient-elle. Les porte-parole des grévistes se concertent avec leurs collègues. La décision est très rapide : « nous ne sommes pas assez nombreux, ils sont venus en force, il faut que nous partions », s’accordent à dire les manifestants. Les manœuvres de déblocage commencent peu après. Des invectives sont lancées à l’encontre des forces de l’ordre, le ton monte, le climat se tend un peu, mais cela n’ira pas plus loin. « Nous ferons d’autres actions », préviennent les grévistes. À 3 heures, la quasi-totalité des camions et des engins avait quitté les lieux.
C’est toujours l’inquiétude face à leur avenir qui a une nouvelle fois conduit les professionnels du BTP sur les routes. Ils réclamaient toujours la relance de l’activité du BTP par la mise en œuvre de grands chantiers ainsi que des aides pour faire face à leurs difficultés de trésorerie. Dès 5 heures 15 lundi, ils avaient installé leurs deux barrages filtrants. Seuls les véhicules de particuliers étaient autorisés à passer. À l’exception des secours et des transports scolaires, tous les véhicules professionnels étaient interdits de passage.
Pas de « camping »
Moins de 3 heures plus tard, une vingtaine de kilomètres de bouchons s’étaient formés dans les deux sens de circulation rendant tout trafic extrêmement pénible. Cette situation durait toute la journée. Finalement, à 16 heures 30, le préfet Pierre-Henry Maccioni tenait une conférence de presse et lançait : « le camping n’est pas autorisé sur la voie publique ». Il ajoutait : « j’ai donné toutes les instructions particulières et ciblées pour que la question soit réglée dans les heures qui viennent et que l’ordre public soit rétabli ».
Le sous-préfet Thomas Campeaux était chargé par le préfet de donner « la dernière sommation » aux grévistes. La rencontre entre le représentant de l’État et les porte-parole du mouvement avait lieu en fin d’après-midi. « Il est venu et il est reparti. Pour notre part, nous restons là. Lorsque ce sont de grosses entreprises qui barrent les routes, on les laisse faire, je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas droit au même traitement », commentait alors Laurent Boyer de l’Aveca. Quelques heures plus tard, les grévistes s’installeront donc devant la SRPP avant d’être délogé par les forces de police.
Revendication écoutée ?
À noter toutefois que les revendications des deux organisations à l’origine du mouvement semblent avoir été prises en compte. En effet, lors d’une rencontre entre le préfet et les membres signataires du protocole Novelli, notamment l’Unostra et la FNTR, une modification majeure a été apportée dans le document devant permettre la relance dans le secteur du BTP. Elle concerne les mesures d’apurement des dettes sociales et fiscales. Initialement, était éligible à cette mesure une entreprise qui s’était mise à jour de ses cotisations salariales et patronales. Désormais, l’entrepreneur devra simplement présenter ses déclarations sociales et fiscales. « La suppression de cette barrière psychologique devrait donner plus de liberté au chef d’entreprise », estime le préfet.
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
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