Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
L’emploi, la priorité des priorités
20 juin 2005

Qu’ils soient à la recherche d’un emploi, retraité, représentant syndical... Ils veulent une implication réelle des élus locaux pour une véritable politique de l’emploi. Ils proposent des pistes de réflexions pour que sur le long terme de plus en plus de Réunionnais occupent un emploi : ’Faire des bilans de compétences, réserver des postes à La Réunion pour des Réunionnais, enrichir ses expériences en effectuant des formations au sein des pays européen, ou encore l’insertion par le sport ou les métiers de l’animation’...
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o Pierrette Caboubassi, à la recherche d’un emploi : "les politiciens doivent s’impliquer davantage"
Avant-hier, Pierrette Caboubassi a rencontré une étudiante. Elle a préparé le CAPES alors qu’elle était maître auxiliaire. En l’obtenant, elle pensait occuper un poste à La Réunion. Pierrette Caboubassi est en contact avec des étudiants en BTS, licence ou maîtrise. Ces étudiants "pensent que deux années de formation ne sont pas suffisantes". Puisqu’ils "n’arrivent pas à faire face aux difficultés des enfants".
Suite aux discussions, il en ressort selon elle que "les étudiants sont sceptiques pour leur avenir". "Il faut mener un combat pour que les jeunes réunionnais soient valorisés et puissent intégrer des postes à La Réunion". "Au rectorat, ils ne font pas assez confiance aux Réunionnais. Suite à des différends, des professeurs des écoles ont demandé leur mutation", dit-elle. Pour améliorer la situation, elle souhaite "une plus grande implication des politiques sur le terrain".
o Sabine, à la recherche d’un emploi : "faire un bilan de compétences et avoir confiance en soi"
"Des personnes abusent", dit-elle. "Les veuves, les personnes en grandes difficultés..." doivent impérativement bénéficier du revenu minimum d’insertion. "D’autres restent chez elles et perçoivent de l’argent sans aucune activité". "On ne peut pas trouver de juste milieu", déplore-t-elle.
"Les charges sociales sont élevées aussi bien pour les employeurs que les créateurs d’entreprises. Même si dans les deux cas des aides leur sont accordées". Elle observe que "le monde va mal, les personnes baissent les bras et se retrouvent en marge de la société". Elles deviennent dépressives. Des personnes ne savent ni lire ni écrire. Elles doivent être suivies. Un bilan de compétences et une orientation individualisée doivent être réalisés pour les personnes pour elles. Elles pourront aborder l’avenir en ayant "confiance en leur savoir être et savoir faire".
o Céline Saminadin, retraitée de l’éducation nationale depuis un an : "réserver des emplois pour les Réunionnais".
"À La Réunion, on forme des jeunes. Avec une licence ou une maîtrise, on leur propose un CES ou un CEC. Des jeunes ont postulé pour des postes d’adjoint administratif en France. Finalement, ils occupent des postes d’assistants maternels. On doit réserver des emplois pour les Réunionnais, souligne-t-elle. Ils sont nombreux à se former à l’Université de La Réunion... Cette situation est selon elle due à une mauvaise politique".
o Cédric, salarié en contrat de qualification : "d’abord enrichir son expérience"
"La population réunionnaise a considérablement augmenté, les entreprises sont peu nombreuses et l’île n’est pas extensible. Il en résulte l’exclusion donc pas de travail. Et sans travail, on n’a pas d’argent et pas de moyens pour consommer". Dés lors, les personnes sont "dévalorisées et rejetées". Cédric voit dans le sport un moyen d’insertion et la mobilité une chance pour enrichir "son expérience professionnelle".
o Nicolas Nimmegeres, représentant de l’UNEF (Union nationale des étudiants français), "mieux vaut gagner de l’argent en transpirant qu’en restant à ne rien faire à la maison"
Pour ce jeune syndicaliste, "jusqu’à présent, il n’y a pas eu de véritable politique nationale et régionale en faveur de l’emploi". "Les élus se sont battus pour préserver les aides". "Les jeunes doivent intégrer des formations professionnalisantes". Aujourd’hui, "ils tournent en rond et ils finissent par tourner mal". Il pense à "deux voies d’insertion le sport et l’animation". Ici, "on ne vit pas avec un BAFA". Il souhaite "une prise de conscience des élus locaux pour une politique de l’emploi sur le long terme".
Jean-Fabrice Nativel
Enquête de l’O.D.R. sur l’avenir des jeunes
Les adolescents confiants, les adultes inquiets
Une enquête menée par l’ODR pour l’UDAF de La Réunion montre que 68 % des adolescents ont confiance en leur avenir. Ils pensent que de "bonnes perspectives pour l’emploi" les attendent, tandis que 76% des adultes sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants pour les raisons suivantes : "le manque de soutien scolaire, les élèves s’ennuient et la mauvaise orientation scolaire".
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