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4 juin, parNos peines
Manifestation des lycéens à Saint-Pierre…
7 mai 2010, par

Des jeunes Réunionnais ont défilé au son du maloya pour faire entendre des revendications réunionnaises et contribuer au succès d’un mouvement national. Près de 200 lycéens venus de tout le Grand Sud se sont donnés rendez-vous sur la place de la Mairie de Saint-Pierre. Chants, slogans, banderoles, tous exprimaient leur refus de la réforme du lycée entreprise par le ministre Luc Chatel.
Sept lycées du Sud, Roland Garros, Jean Joly, Ambroise Vollard, les Avirons, Stella, Bois d’Olive et Pierre Lagourgue, étaient représentés lors de cette manifestation à l’appel de la délégation régionale de l’UNL (Union nationale des lycéens).
À 10h30, ils étaient près de 200 à s’être rassemblés devant la Mairie de Saint-Pierre. La foule scande des chants et slogans « anti-réforme » au rythme d’un maloya improvisé par quelques lycéens. Les représentants de l’UNL se concertent quant à la suite à donner au mouvement. Aux environs de 11h, la foule de jeunes se dirige vers la rue Archambaud, direction la Sous-préfecture de Saint-Pierre. Escortés par la Police nationale, les jeunes font une halte à l’intersection de la rue Marius et Ary Leblond, perturbant la circulation dans le secteur.
Arrivés devant la Sous-préfecture, les représentants de l’UNL installent leurs banderoles sur les grilles d’entrée. Là encore, les jeunes improvisent un maloya sous un soleil de plomb.
Une délégation de 6 représentants des lycéens sera ensuite reçue par un représentant du sous-préfet afin de lui faire part de leurs revendications.
Des revendications spécifiques à La Réunion
Comme en métropole, les lycéens dénoncent la réforme Chatel. Ils disent « non » aux suppressions de postes, à la surcharge des classes. Ils demandent unanimement le rétablissement de la carte scolaire, une augmentation des budgets pour l’Éducation nationale et l’école publique, un meilleur encadrement des cours avec une baisse des effectifs par classe pour que chaque lycéen français ait toutes les chances de réussite.
La délégation de l’UNL locale apporte des revendications régionales également. Ils demandent au président de Région de prendre des mesures « anticrise » en direction des lycéens, notamment la gratuité des transports scolaires, des chèques pour des activités extrascolaires (cinéma, musée, etc.).
L’UNL réclame également la majorité associative à 16 ans pour donner davantage de responsabilité aux lycéens, « on demande aux élus de faire de la politique avec nous et non pas pour nous ».
Sophie Périabe
Réactions
• Quentin Leroy, 1ère L au lycée des Avirons
« Je manifeste aujourd’hui contre la réforme Chatel principalement, mais également contre la réforme des retraites. Je me bats pour la réhabilitation de la carte scolaire, chaque lycéen a le droit d’aller dans le lycée de son choix. Il y a aussi les suppressions de postes. Nous sommes déjà trop d’élèves dans les classes ; avec cette réforme, les classes seront encore plus surchargées. Nous demandons également des budgets supplémentaires pour l’Éducation nationale ».
• Adrien Durif, Terminale S au lycée Ambroise Vollard
« Nous luttons contre les subventions données aux écoles privées. L’école publique a besoin de plus d’argent et de plus de profs aussi pour un meilleur encadrement des élèves. Nous travaillons aujourd’hui dans des classes surchargées. Le gouvernement veut aider l’apprentissage des langues, comment apprendre une langue vivante à 35 par classe, c’est impossible. Nous souhaitons mettre toutes les chances de notre côté ».
• Alain Hoarau, représentant fédéral de l’UNL
« Nous manifestons également pour des revendications régionales. Nous voulons dire à Didier Robert, plutôt que de donner des ordinateurs portables à tout le monde, ce qui n’a aucune portée pédagogique et qui ne répond en rien à nos revendications telles que les suppressions de postes, nous souhaitons plutôt des mesures pour aider le lycéen à faire face à la crise, notamment la gratuité des transports scolaires. Nous demandons un vrai statut social du lycéen avec une majorité associative à 16 ans pour qu’enfin nous puissions siéger et être représentés dans les instances décisionnelles. Il faut arrêter de faire de la politique pour nous, il faut la faire avec nous ».
Propos recueillis par SP
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