L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
12 janvier 2008

Le Premier ministre promet que la réforme du marché du travail sera lancée au début 2008 alors que la négociation aura du mal à aboutir fin décembre.
François Fillon est sûr de lui : « Avant fin 2008, la vraie flexisécurité à la française » aura vu le jour en France, plaide-t-il dans un entretien au journal “les Échos” hier. Dans l’esprit du premier ministre, l’équilibre signifie beaucoup de flexibilité pour les entreprises et un peu de sécurité pour les salariés. C’est, du reste, l’état de déséquilibre dans lequel se trouve encore le pré-projet d’accord en discussion entre les syndicats et le patronat sur la modernisation du marché du travail. Eux demandent un peu de délais, jusqu’à mi-janvier.
Une loi début février
Le Premier ministre leur accorde du bout des lèvres. « Nous ne sommes pas à quinze jours près », concède-t-il, s’empressant de « certifier » que la réforme « sera lancée au début 2008 » et qu’un « projet de loi sera déposé dès février ». « Ce serait beaucoup plus important et beaucoup plus utile pour le pays que la réforme passe par un accord entre partenaires sociaux plutôt que par la loi », a réagi Laurence Parisot hier sur I-Télé..
Depuis le mois de septembre, les syndicats et le patronat sont engagés dans une négociation marathon. Les syndicats veulent agir contre les précarités du travail, cumuls de CDD imposés aux jeunes par exemple. Ils bataillent pour offrir aux salariés la possibilité de préserver des droits acquis (mutuelle, formation, ancienneté, etc.) s’ils changent d’employeur, assurer une meilleure reconnaissance des compétences ou encore créer un droit de refuser une mobilité professionnelle. Le patronat tient sur ses deux objectifs : créer un nouveau contrat de travail, “CDI de projet”, qui attache l’emploi à une mission précise et coupe court à toute possibilité de contester la rupture ; et instaurer une rupture par “consentement mutuel” qui laisse entendre que le salarié et son employeur pourraient discuter sur un pied d’égalité de leur séparation.
Passe difficile
Depuis deux séances, le MEDEF est dans une passe difficile, contraint par le rapport de force et le front syndical à négocier des aspects de sécurisation des parcours professionnels. Le Premier ministre choisit de mettre son grain de sel dans ce moment délicat, rappelant avoir donné « mandat de négociation » aux partenaires sociaux. Fin juillet, il appelait dans sa lettre de cadrage à « fluidifier le marché du travail » et à faire évoluer « le régime juridique du CDI fréquemment considéré comme un frein à l’embauche ». Hier, François Fillon a estimé n’être « pas loin d’un bon accord », notant « des avancées très sérieuses » sur les « conditions de rupture » et le « contrat de mission », deux mesures chères au MEDEF. Il a pointé aussi, sans plus de détails, la « sécurité professionnelle ». L’Élysée a laissé entendre vendredi que cette partie pourrait se formaliser dans une « généralisation » du « Contrat de Transition Professionnelle » (CTP), dispositif de reclassement testé depuis 2006, qui assure un revenu de remplacement aux bénéficiaires de 80% du salaire brut pendant douze mois. Nicolas Sarkozy pourrait être tenté d’annoncer la mesure dès la conférence sociale du 19 décembre.
Paule Masson
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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