Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
A moins de trois semaines de la visite de François Hollande
8 juillet 2014

Avant la fin du mois, le président de la République sera en visite à La Réunion. À moins de trois semaines de sa venue, la situation sociale est explosive. Deux conflits sociaux à Giordano et à la CILAM se durcissent à cause de l’intransigeance patronale. Quant aux planteurs, ils commencent la coupe avec un grand sentiment d’inquiétude. Le président de la Chambre d’agriculture attend des réponses au sujet de l’avenir de la filière canne après 2017, date de la suppression du quota sucrier et du prix garanti.
Plus de 170.000 Réunionnais sont à la recherche d’un emploi, le taux de chômage est de 30%. La pression patronale sur les travailleurs qui ont un salaire est donc considérable. Elle peut se traduire par un refus du dialogue social tant que le patron pense que le rapport de forces est en sa faveur.
C’est ce qui se passe actuellement dans deux entreprises : Giordano et la CILAM.
A Giordano, les travailleurs ont lancé la grève à cause de l’absence de réponse de la direction sur leurs interrogations après l’annonce de 18 licenciements. Ils craignent que cela soit le point de départ d’une délocalisation de la production. En visite à Maurice au mois de mai, un actionnaire important de Giordano avait exprimé sa volonté d’y implanter une usine de chauffe-eau solaires pour lancer une technopole chez nos voisins. L’investissement pourrait s’élever à 10 millions d’euros. Selon nos confrères de Capital, ce patron a même dit que « à compter de ce mois, il nous faudra un minimum de quelques mois pour les transports et les transferts de machines. Nous pourrons être opérationnels avant la fin de l’année ».
De 18, le nombre de licenciement est passé à 6, mais la direction ne veut plus rien céder. Les travailleurs ont donc lancé hier l’occupation de l’entreprise. Ils luttent pour que leurs camarades puissent partir avec une indemnité plus importante.
A la CILAM, les travailleurs sont en grève depuis 9 jours pour une augmentation de salaire. Le mouvement est parti le jour de la publication d’un article de presse soulignant les importants profits réalisés par la société, en particulier grâce aux aides publiques. La direction a réussi à créer une division entre les salariés, et elle a ameuté les éleveurs pour qu’ils essayent de faire céder le piquet de grève. Devant l’échec de ces manœuvres, les patrons de la CILAM ont saisi et obtenu de la justice la condamnation du piquet de grève. Lundi matin, des policiers ont évacué les grévistes. Ce mardi, ce sera la première réunion de conciliation animée par la Direction du travail. Le climat de tensions maintenu depuis 9 jours n’est pas là pour faciliter une discussion apaisée.
Dimanche, le président de la Chambre d’agriculture a montré l’inquiétude des planteurs. Au moment où la coupe commence, c’est l’incertitude sur ce qui se passera après 2017, quand le quota sucrier aura disparu. François Hollande est interpellé.
Depuis la visite de deux ministres à La Réunion, le climat social s’est bien dégradé dans notre île. A moins de trois semaines de la visite du président de la République, rien ne permet de penser à un recul de ces tensions.
Nos peines
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