Grève reconduite jusqu’au 6 septembre

French Bee : les salariés refusent d’être la variable d’ajustement

2 septembre, par Manuel Marchal

Chez French Bee, le conflit social entre dans une nouvelle phase. En grève depuis le 27 août, les personnels navigants commerciaux ont reconduit leur mouvement jusqu’au 6 septembre. À La Réunion, où 100 % des PNC auraient suivi la grève dès le premier jour, le ras-le-bol est manifeste. Plannings bouleversés, fatigue, repos fragilisés et salaires jugés insuffisants : les syndicats exigent désormais de véritables négociations.

Depuis le 27 août, les hôtesses, stewards et chefs de cabine de French Bee sont mobilisés à l’appel du SNPNC-FO et de la CGT. Le mouvement, initialement prévu jusqu’au 31 août, a été reconduit jusqu’au 6 septembre faute, selon les syndicats, de négociations engagées par la direction.
Derrière cette grève, il n’y a pas simplement une revendication salariale. C’est toute l’organisation du travail qui est contestée. Les personnels dénoncent des plannings instables, des modifications tardives, des difficultés à bénéficier de repos fiables et une fatigue croissante sur des rotations long-courriers. Les syndicats refusent que les salariés soient considérés comme disponibles en permanence pour compenser les difficultés d’organisation de la compagnie.

Forte mobilisation à La Réunion

À La Réunion, la mobilisation prend une dimension particulière : selon les organisations syndicales, la totalité des PNC basés dans l’île a fait grève dès le lancement du mouvement. Une démonstration de force qui traduit un profond ras-le-bol.
Les revendications portent notamment sur une augmentation de 10 % des salaires, une meilleure stabilité des plannings, le respect des temps de repos et une organisation du travail compatible avec la vie personnelle. Les salariés dénoncent également les moyens considérables déployés pour maintenir les vols, notamment par le recours à des affrètements, alors qu’aucune solution n’est recherchée pour sortir du conflit.

Des affrètements d’avions d’autres compagnies sans chercher de solution

Voilà le paradoxe du modèle « low cost » : pour maintenir des billets compétitifs et assurer coûte que coûte le programme des vols, la pression est reportée sur celles et ceux qui font fonctionner les avions. Or derrière chaque vol se trouvent des travailleurs responsables de la sécurité des passagers, y compris sur des trajets de plus de onze heures.
Les salariés réclament que leur travail, leur santé, leurs repos et leur engagement soient reconnus. La direction affirme rester ouverte au dialogue. Mais tant que cette ouverture ne débouche pas sur de véritables négociations, le conflit risque de s’enraciner.
À French Bee, la question posée par la grève dépasse donc les seuls intérêts d’une compagnie aérienne : combien coûte réellement un billet « low cost » lorsque le prix à payer est reporté sur les travailleurs ?

M.M.


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Témoignages - 82e année


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