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4 décembre 2018, par

La visite de la ministre des Outre-mer n’a pas résolu la crise, car les revendications n’ont pas été satisfaites. La ministre partie, les problèmes restent et la population se tourne vers les maires. Après celui du Tampon avant la visite de la ministre, ceux de Saint-Denis, Saint-André et Saint-Leu ont reçu hier des délégations de gilets jaunes.
Depuis le 17 novembre, La Réunion est touchée par un mouvement social d’une grande ampleur, déclenché par l’importation du phénomène des gilets jaunes. La situation sociale dramatique a été le terreau d’un mouvement social sans précédent qui touche toute La Réunion. Le pouvoir d’achat et l’emploi sont les principales revendications alors que les élus sont la cible de nombreuses attaques. Force est de constater que les réponses apportées par Annick Girardin au cours de ces trois jours de visite n’ont pas permis de faire cesser ce mouvement. En effet, les revendications n’ont pas été satisfaites dans l’immédiat.
Lors de ces échanges avec des délégations de gilets jaunes et au cours de ses discours, la ministre des Outre-mer a rappelé que toutes les questions soulevées ne relèvent pas de la compétence de l’État. Les mesures présentées s’inscrivent donc dans ce cadre. Elle a également souligné que des outils existent déjà. Dans son discours du 30 novembre, la ministre a constaté que l’augmentation du taux d’abstention aux élections ne traduit pas un désintérêt de la chose publique, car les interventions dans les différents médias montrent le contraire. Elle a considéré qu’un moyen efficace pour lutter contre l’abstention, c’est de demander aux institutions d’aller vers la population. Dans ces échanges, elle a aussi rappelé aux gilets jaunes qu’il était important de dialoguer avec les élus.
La ministre partie, les problèmes restent. Le ton était donné dès la fin de la visioconférence de dimanche 2 décembre lors du meeting des gilets jaunes devant la préfecture : les collectivités et les élus étaient interpelés.
Cette nouvelle forme d’action a été mise en œuvre dès hier. Une délégation de gilets jaunes était devant la Région à 8 heures. Constatant que la collectivité était fermée, elle s’est rendue à la mairie de Saint-Denis et a été reçue par le maire Gilbert Annette. D’autres délégations ont rencontré les maires de Saint-Leu et de Saint-André.
C’est un changement important, car avant la visite de la ministre, c’était vers l’État que se tournait l’essentiel du mécontentement avec des appels à la démission du gouvernement et du préfet.
Maintenant, ce sont les maires qui sont en première ligne. Ceci a sans doute été favorisé par leur manque apparent d’unité durant la visite ministérielle. Ils n’ont pas réussi à peser sur l’agenda de la ministre pour provoquer une seule rencontre de tous les maires rassemblés dans l’Association des maires de La Réunion, avec la représentante du gouvernement. Au lieu de cela, Annick Girardin les a rencontrés séparément, lors de trois réunions organisées à Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Benoît.
M.M.
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