Luttes sociales

Gilets rouges et gilets jaunes marchent ensemble

Un meeting syndical avec des gilets jaunes se transforme en manifestation

Manuel Marchal / 6 février 2019

Hier à l’appel de plusieurs syndicats avait lieu une journée de grève et de manifestation. Elle a été marquée par une action commune de FO et de gilets jaunes, prélude à d’autres mobilisations.

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Ce 5 février a marqué une nouvelle étape dans le mouvement social qui touche La Réunion depuis le 17 novembre. Pour la première fois, une action commune a rassemblé les représentants d’un syndicat et des gilets jaunes. C’était hier devant la préfecture, à l’initiative de FO et de gilets jaunes.
Lors de l’importation à La Réunion du mouvement des gilets jaunes, l’orientation officielle était de mettre de côté les syndicats et les partis politiques. Cette décision a eu des conséquences. Rappelons qu’en 2009, quand des syndicats et des partis politiques étaient impliqués dans le mouvement social, la population a vu rapidement se concrétiser des revendications essentielles, notamment le versement par l’État d’une prime de 100 euros mensuelle pour tous les salaires inférieurs à 1,4 SMIC, et une baisse de prix immédiate de plus de 250 produits imposée à la grande distribution, ainsi que le gel du prix des carburants et du gaz pendant 6 mois.

Rien n’a changé

Concernant le mouvement social actuel, aucun résultat concret en termes de baisses des prix et de hausse des salaires et des minima sociaux n’a été obtenue, mise à part l’annulation de la hausse de la taxe sur les carburants qu’a voulu faire passer la Région.
Il apparaît évident faire changer la situation à La Réunion passe par l’union la plus large de toutes les classes sociales et de toutes les organisations qui veulent une évolution de la société vers moins d’inégalité et vers le développement du pays.
En effet, les raisons du mouvement social sont toujours là, et les promesses du gouvernement sur des mesures immédiates n’ont pas été satisfaites.

Rendez-vous jeudi à Saint-Pierre

Hier avait lieu un appel à la mobilisation par plusieurs syndicats. À la différence de la France où une des revendications principales était une hausse du SMIC de 20 %, à La Réunion il était surtout question de la défense du service public. Dans une île où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le service public est un rempart. Il offre des prestations que la majorité de la population ne pourrait se payer en cas de privatisation. Or le gouvernement met toujours à l’ordre du jour la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires d’ici 2022.
Dans le cadre de ce mouvement, le syndicat FO a organisé un rassemblement devant la préfecture hier. Des gilets jaunes venus de plusieurs communes de l’île y ont participé. Syndicalistes et gilets jaunes ont pu s’exprimer. Puis le meeting s’est transformé en manifestation sur la route nationale devant la préfecture. Ceci est un avant goût de la mobilisation prévue jeudi à Saint-Pierre. Une marche sera organisée depuis le boulevard Banks jusqu’à la sous-préfecture, mêlant syndicalistes et gilets jaunes.

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Nelson Técher (à droite).

Tous les partis n’ont pas failli

À cette occasion, Nelson Técher, responsable de la FO Santé, a tenu à rappeler quelques vérités. Le dirigeant syndical n’est pas d’accord avec le climat ambiant qui veut laisser croire que tous les politiques ont failli. Il rappelle tout ce que les Réunionnais doivent au PCR. C’est en effet le Parti communiste réunionnais qui a lutté pour l’égalité sociale, alors qu’à cette époque, les socialistes avaient laissé passer une loi qui inscrivait dans le droit l’infériorité des Réunionnais, la parité. Les deux députés communistes réunionnais avaient alors démissionné, ce qui a donné un nouvel élan à la lutte pour l’égalité sociale qui fut alors obtenue quelques années plus tard. Ceci ne doit pas être oublié.

M.M.